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samedi 28 novembre 2009
Lectures
"Salomon vous êtes juif", histoire de l’antisémitisme en Belgique du Moyen-Age à Internet, de Viviane Teitelbaum, éditions Luc (2008)
Gaza: Le grand mensonge, quand la démocratie capitule face à l'islamisme, de Claude Moniquet, éditions "Boîte de Pandore" (2009)
Pour lire la préface de Mohamed Sifaoui, cliquer ICI
The Suit Against Sharon in Belgium: A Case Analysis - Interview with Irit Kohn, Jerusalem Center for Public Affairs (Sept. 2008)
Les habits neufs de l'antisémitisme en Europe (ouvrage collectif sous la direction de Manfred Gerstenfeld et Shmuel Trigano, Café Noir (2004)) - Joël Rubinfeld a rédigé le chapitre sur la Belgique dans lequel il relate la résurgence de l’antisémitisme en Belgique suite au déclenchement de la seconde intifada.
Description de l'ouvrage:
"L'année 2000 a marqué un tournant dans l'histoire des communautés juives qui s'étaient reconstruites en Europe au sortir de la deuxième guerre mondiale qui avait vu leur extermination. Une poussée antisémite d'un genre inédit a ébranlé les convictions sur lesquelles cette renaissance remarquable s'était fondée. Le rapport avec l'actualité du Proche-Orient a bien sûr joué un rôle de catalyseur mais il aurait été insuffisant à lui seul pour déclencher un phénomène d'une telle ampleur. Celui-ci traduit en effet plus profondément un problème spécifique à l'Europe, autant culturel que politique. II témoigne avec fracas de l'arrivée sur la scène politique des populations de l'immigration arabo-musulmane, mais aussi de ce que le glacis conventionnel de l'après-guerre cachait. Sans la complaisance des médias, de l'opinion publique, et la plupart du temps, des pouvoirs publics, dans tous les pays concernés, jamais l'antisémitisme virulent qui a emporté le monde arabo-musulman contemporain n'aurait pu s'exprimer aussi ouvertement et avec tant d'impunité. C'est ce relais européen d'une vindicte qui tire ses origines du refus arabe d'Israël qui est le plus inquiétant pour l'avenir du judaïsme sur ce continent. II a donné l'occasion de se réveiller aux plus anciens stéréotypes antisémites de l'histoire et justifie la définition de ce nouvel antisémitisme comme " européen ". Les études rassemblées dans cet ouvrage analysent la situation dans quinze pays européens."
La Belgique et ses Juifs : de l'antijudaïsme comme code culturel, à l'antisonisme comme religion civique, de Joël Kotek, Etudes du CRIF, 2004 (pdf)
ADL Says Belgium Boycott of Israeli Goods "Inappropriate and Misguided"
Statistiques:
Anti-Jewish sentiment in Belgium, Anti-Defamation League (2007)
La presse:
Le Vif/L’Express verandert van koers (Le Vif/L’Express change de cap), de Savasorda, Joods Actueel
La presse subsidiée à la botte de l’état, Père Ubu (2009)
Gaza: Le grand mensonge, quand la démocratie capitule face à l'islamisme, de Claude Moniquet, éditions "Boîte de Pandore" (2009)
Pour lire la préface de Mohamed Sifaoui, cliquer ICI
The Suit Against Sharon in Belgium: A Case Analysis - Interview with Irit Kohn, Jerusalem Center for Public Affairs (Sept. 2008)
Les habits neufs de l'antisémitisme en Europe (ouvrage collectif sous la direction de Manfred Gerstenfeld et Shmuel Trigano, Café Noir (2004)) - Joël Rubinfeld a rédigé le chapitre sur la Belgique dans lequel il relate la résurgence de l’antisémitisme en Belgique suite au déclenchement de la seconde intifada.
Description de l'ouvrage:
"L'année 2000 a marqué un tournant dans l'histoire des communautés juives qui s'étaient reconstruites en Europe au sortir de la deuxième guerre mondiale qui avait vu leur extermination. Une poussée antisémite d'un genre inédit a ébranlé les convictions sur lesquelles cette renaissance remarquable s'était fondée. Le rapport avec l'actualité du Proche-Orient a bien sûr joué un rôle de catalyseur mais il aurait été insuffisant à lui seul pour déclencher un phénomène d'une telle ampleur. Celui-ci traduit en effet plus profondément un problème spécifique à l'Europe, autant culturel que politique. II témoigne avec fracas de l'arrivée sur la scène politique des populations de l'immigration arabo-musulmane, mais aussi de ce que le glacis conventionnel de l'après-guerre cachait. Sans la complaisance des médias, de l'opinion publique, et la plupart du temps, des pouvoirs publics, dans tous les pays concernés, jamais l'antisémitisme virulent qui a emporté le monde arabo-musulman contemporain n'aurait pu s'exprimer aussi ouvertement et avec tant d'impunité. C'est ce relais européen d'une vindicte qui tire ses origines du refus arabe d'Israël qui est le plus inquiétant pour l'avenir du judaïsme sur ce continent. II a donné l'occasion de se réveiller aux plus anciens stéréotypes antisémites de l'histoire et justifie la définition de ce nouvel antisémitisme comme " européen ". Les études rassemblées dans cet ouvrage analysent la situation dans quinze pays européens."
La Belgique et ses Juifs : de l'antijudaïsme comme code culturel, à l'antisonisme comme religion civique, de Joël Kotek, Etudes du CRIF, 2004 (pdf)
ADL Says Belgium Boycott of Israeli Goods "Inappropriate and Misguided"
Statistiques:
Anti-Jewish sentiment in Belgium, Anti-Defamation League (2007)
La presse:
Le Vif/L’Express verandert van koers (Le Vif/L’Express change de cap), de Savasorda, Joods Actueel
La presse subsidiée à la botte de l’état, Père Ubu (2009)
jeudi 19 novembre 2009
Pour Francis Martens: Israël Un État de trop ? Un débat trop loin ?
Source: Collectif Dialogue et Partage
En réponse à la tribune libre de six professeurs de l’UCL intitulée «La lutte contre l’antisémitisme et son dévoiement» et celle de Francis Martens intitulée «Vers un nouvel antisémitisme»
Publiée le 25 mai 2002
La critique de la politique d´Israël doit-elle aller jusqu´à remettre en cause la légitimité de l´existence de l´Etat juif? Libre à certains de le revendiquer, libre à d´autres de s´en indigner.
Toute critique, fût-elle vive, à l´encontre de l´action d´Ariel Sharon ne peut être taxée d´antisémitisme. Même une remise en cause des grandes lignes de la politique menée ces dernières années par l´Etat d´Israël ne mérite guère ce qualificatif. A partir de ce véritable postulat, auquel nous ne pouvons qu´adhérer, d´aucuns tentent subtilement d´inverser radicalement le propos: aucune critique d´Israël, quels que soient les arguments sur lesquels elle se fonde, les images auxquelles elle recourt et les sentiments refoulés qu´elle fait resurgir, ne saurait être tenue comme une manifestation d´antisémitisme, dès lors qu´elle vise explicitement l´Etat et non le peuple juif.
Ainsi certaines thèses nous paraissent dépasser, et de loin, la critique parfaitement légitime d´une politique ou la déconstruction de certains mythes. Allant jusqu´à remettre en question la légitimité d´un Etat juif, accusant Israël de tous les maux, elles encouragent une diabolisation insupportable. Signaler ces dérives constitue la raison d´être de notre Collectif. (2)
L´une de ces thèses consiste à parler de la création de l´Etat d´Israël comme d´un `péché originel´ - reprenant en cela la formulation malheureuse de certains historiens - car elle se serait faite au mépris d´un autre peuple qui occupait déjà la région et se serait traduite par l´expulsion de 600000 Palestiniens.
Ainsi toute l´histoire du conflit israélo-palestinien reposerait sur le déni de ce `péché originel´ dont se seraient rendus coupables les sionistes. Ce déni expliquerait notamment pourquoi l´Etat juif, né de la persécution et de l´exclusion, s´est servi de l´alibi de la Shoah pour persécuter à son tour les Palestiniens et pratiquer impunément la politique du fait accompli sans crainte de sanctions internationales.
Afin de donner quelque chance à la paix, les Israéliens et les Juifs de la diaspora sont invités à reconnaître ce `péché originel´, au risque d´engendrer une nouvelle forme d´antisémitisme dont Israël porterait cette fois l´entière responsabilité.
Cette thèse nous indigne profondément. D´abord parce qu´elle transforme une fatalité historique née des convulsions du vingtième siècle en une faute par définition inexpiable, faisant resurgir du même coup le vieux thème chrétien de la culpabilité originelle des Juifs. Ensuite, parce qu´elle omet le `péché originel´ du monde arabo-musulman, le refus du plan de partage de la Terre Sainte proposé le 29 novembre 1947. De ce refus, seul, et de la guerre à Israël qui s´ensuivit, éclata le drame palestinien.
Mais voilà. En simplifiant outrageusement la réalité, le manichéisme permet de soulager la pensée et de plier les faits aux fantasmes. On aura donc, d´un côté, les bourreaux sionistes colonialistes et de l´autre les innocentes victimes palestiniennes. Armé de ce viatique, on accusera pêle-mêle Israël de constituer une démocratie à temps partiel, de pratiquer l´apartheid, d´être la source principale de l´antisémitisme et de servir de `caisse de résonance à la sacralisation d´un génocide `unique´ (3) (ne l´est-il pas?). Mais en même temps, on omettra de signaler l´antisémitisme virulent des mouvements islamistes, leur volonté affichée de détruire Israël (et l´Occident). On oubliera de mentionner la conférence de Durban qui, sous la houlette d´une sinistre brochette de dictatures, a mis Israël au ban des nations. On refusera le qualificatif d´antisémitisme pour décrire les attaques de synagogues en Europe. Et bien sûr, on évitera de condamner fermement les kamikazes, préférant motiver ces actes par le désespoir.
Ce cercle vicieux de la pensée s´accorde parfaitement avec la pratique systématique de l´amalgame: tous les Israéliens ou presque soutiennent l´extrême droite et dans la foulée, tous les Juifs de la diaspora sont accusés de cautionner la politique des implantations. Une vision qui sous-estime le débat qui agite les communautés juives et surestime le soutien des Israéliens à la vision des extrémistes. Certes, une majorité d´Israéliens, traumatisés par la seconde Intifada, ont élu Ariel Sharon pour ses promesses de sécurité et non pour entretenir la chimère d´un Grand Israël. Tout récemment encore, un sondage indiquait que 68pc des Israéliens étaient en faveur de la création d´un Etat palestinien si cela pouvait enfin amener la paix et la sécurité dans la région.
Mais à quoi bon finasser? Tout ce qu´Israël fait ou ne fait pas aggrave son cas et augmente `le poids de sa dette´ (3). Même la renaissance patente du sentiment judéophobe en Occident finit par se retourner contre cet Etat, puisque in fine, il en est l´instigateur. N´a-t-on pas là la plus belle illustration de ce qu´est un bouc émissaire?
Reconnaître le droit d´Israël de vivre dans les frontières d´avant 1967, pour ajouter aussitôt que ce droit doit s´accommoder du retour des réfugiés palestiniens, allant même plus loin que les exigences de l´Autorité Palestinienne, signifie, comme tant d´autres qui n´osent l´avouer ouvertement, la disparition d´un Etat à prédominance juive au profit d´une utopique démocratie multiculturelle et laïque avec une minorité juive. Bref, la cause est entendue: le minuscule Etat juif est de trop.
Plus que jamais, il est exigé des Juifs qu´ils fassent leur deuil d´un idéal incarné dans un territoire, ce rêve fou des pères du sionisme. Orphelins d´une terre, il ne leur restera plus qu´à se résigner à l´exil, la terre promise assignée à l´état d´éternelle promesse. Ainsi dispersé et minoritaire, le peuple juif remplirait au mieux sa fonction messianique, fécondant les cultures qu´il côtoie et forgeant des destins d´exception. Mais sur ce chapitre hélas, l´Histoire avec son cortège de persécutions a déjà rendu son verdict. Et c´est précisément pour cette raison que les sionistes ont tant souhaité que les Juifs deviennent enfin un peuple pareil aux autres, à l´égal des autres, ni pire ni meilleur qu´un autre. Veut-on leur ôter ce droit?
Est-ce dans ce but que l´on utilise les termes les plus outranciers: de massacre à génocide, en passant par fascisme, épuration ethnique ou racisme? Autant de mots qui visent à diaboliser Israël. Tandis qu´on auréole les Palestiniens et que leurs armes les plus monstrueuses telles les attentats-suicides `source d´un espoir infini de destruction, ressource d´une négation de toute possibilité démocratique´ suscitent une intolérable indulgence (4).
De même, n´ira-t-on pas jusqu´à qualifier de pacifistes ceux qui ont pris unilatéralement le parti d´Arafat? Comment s´accommoder du dévoiement du mot sionisme, mouvement d´émancipation nationale, si la plupart de ceux qui l´emploient en ignorent le sens?
Il est plus qu´urgent de sortir de l´ère de la vitupération et de chercher des voies de rapprochement entre les uns et les autres, de soutenir les Palestiniens modérés qui tels Sari Nusseibeh et Hanane Ashraoui ont récemment signé une pétition demandant l´arrêt des attentats-suicides contre les civils, bref, de nous aider tous à sortir du chaudron infernal qu´est devenue cette région. Et ce chaudron n´a nul besoin des énormes quantités d´huile que l´on ne cesse de verser à distance sur son feu.
(1) Sara Brajbart, Maurice Einhorn, Pascale Gruber, André Brombart, Michel Laub, Jacques Zajtman, Michel Gross, Joël Kotek, Doubi Ajami, Georges Hirsch...
Voir la liste des membres et le texte complet sur le site
http://www.lalibre.be
(2) Lire dans `La Libre Belgique´, `Deux lectures de l´histoire´, Francis Martens, article du 4/4/2002 et `La lutte contre l´antisémistisme et son dévoiement´ de six professeurs de l´UCL (12/6/2002) en ligne sur http://www.lalibre.be
(4) `Les temps modernes´, n° 618.
En réponse à la tribune libre de six professeurs de l’UCL intitulée «La lutte contre l’antisémitisme et son dévoiement» et celle de Francis Martens intitulée «Vers un nouvel antisémitisme»
Publiée le 25 mai 2002
La critique de la politique d´Israël doit-elle aller jusqu´à remettre en cause la légitimité de l´existence de l´Etat juif? Libre à certains de le revendiquer, libre à d´autres de s´en indigner.
Toute critique, fût-elle vive, à l´encontre de l´action d´Ariel Sharon ne peut être taxée d´antisémitisme. Même une remise en cause des grandes lignes de la politique menée ces dernières années par l´Etat d´Israël ne mérite guère ce qualificatif. A partir de ce véritable postulat, auquel nous ne pouvons qu´adhérer, d´aucuns tentent subtilement d´inverser radicalement le propos: aucune critique d´Israël, quels que soient les arguments sur lesquels elle se fonde, les images auxquelles elle recourt et les sentiments refoulés qu´elle fait resurgir, ne saurait être tenue comme une manifestation d´antisémitisme, dès lors qu´elle vise explicitement l´Etat et non le peuple juif.
Ainsi certaines thèses nous paraissent dépasser, et de loin, la critique parfaitement légitime d´une politique ou la déconstruction de certains mythes. Allant jusqu´à remettre en question la légitimité d´un Etat juif, accusant Israël de tous les maux, elles encouragent une diabolisation insupportable. Signaler ces dérives constitue la raison d´être de notre Collectif. (2)
L´une de ces thèses consiste à parler de la création de l´Etat d´Israël comme d´un `péché originel´ - reprenant en cela la formulation malheureuse de certains historiens - car elle se serait faite au mépris d´un autre peuple qui occupait déjà la région et se serait traduite par l´expulsion de 600000 Palestiniens.
Ainsi toute l´histoire du conflit israélo-palestinien reposerait sur le déni de ce `péché originel´ dont se seraient rendus coupables les sionistes. Ce déni expliquerait notamment pourquoi l´Etat juif, né de la persécution et de l´exclusion, s´est servi de l´alibi de la Shoah pour persécuter à son tour les Palestiniens et pratiquer impunément la politique du fait accompli sans crainte de sanctions internationales.
Afin de donner quelque chance à la paix, les Israéliens et les Juifs de la diaspora sont invités à reconnaître ce `péché originel´, au risque d´engendrer une nouvelle forme d´antisémitisme dont Israël porterait cette fois l´entière responsabilité.
Cette thèse nous indigne profondément. D´abord parce qu´elle transforme une fatalité historique née des convulsions du vingtième siècle en une faute par définition inexpiable, faisant resurgir du même coup le vieux thème chrétien de la culpabilité originelle des Juifs. Ensuite, parce qu´elle omet le `péché originel´ du monde arabo-musulman, le refus du plan de partage de la Terre Sainte proposé le 29 novembre 1947. De ce refus, seul, et de la guerre à Israël qui s´ensuivit, éclata le drame palestinien.
Mais voilà. En simplifiant outrageusement la réalité, le manichéisme permet de soulager la pensée et de plier les faits aux fantasmes. On aura donc, d´un côté, les bourreaux sionistes colonialistes et de l´autre les innocentes victimes palestiniennes. Armé de ce viatique, on accusera pêle-mêle Israël de constituer une démocratie à temps partiel, de pratiquer l´apartheid, d´être la source principale de l´antisémitisme et de servir de `caisse de résonance à la sacralisation d´un génocide `unique´ (3) (ne l´est-il pas?). Mais en même temps, on omettra de signaler l´antisémitisme virulent des mouvements islamistes, leur volonté affichée de détruire Israël (et l´Occident). On oubliera de mentionner la conférence de Durban qui, sous la houlette d´une sinistre brochette de dictatures, a mis Israël au ban des nations. On refusera le qualificatif d´antisémitisme pour décrire les attaques de synagogues en Europe. Et bien sûr, on évitera de condamner fermement les kamikazes, préférant motiver ces actes par le désespoir.
Ce cercle vicieux de la pensée s´accorde parfaitement avec la pratique systématique de l´amalgame: tous les Israéliens ou presque soutiennent l´extrême droite et dans la foulée, tous les Juifs de la diaspora sont accusés de cautionner la politique des implantations. Une vision qui sous-estime le débat qui agite les communautés juives et surestime le soutien des Israéliens à la vision des extrémistes. Certes, une majorité d´Israéliens, traumatisés par la seconde Intifada, ont élu Ariel Sharon pour ses promesses de sécurité et non pour entretenir la chimère d´un Grand Israël. Tout récemment encore, un sondage indiquait que 68pc des Israéliens étaient en faveur de la création d´un Etat palestinien si cela pouvait enfin amener la paix et la sécurité dans la région.
Mais à quoi bon finasser? Tout ce qu´Israël fait ou ne fait pas aggrave son cas et augmente `le poids de sa dette´ (3). Même la renaissance patente du sentiment judéophobe en Occident finit par se retourner contre cet Etat, puisque in fine, il en est l´instigateur. N´a-t-on pas là la plus belle illustration de ce qu´est un bouc émissaire?
Reconnaître le droit d´Israël de vivre dans les frontières d´avant 1967, pour ajouter aussitôt que ce droit doit s´accommoder du retour des réfugiés palestiniens, allant même plus loin que les exigences de l´Autorité Palestinienne, signifie, comme tant d´autres qui n´osent l´avouer ouvertement, la disparition d´un Etat à prédominance juive au profit d´une utopique démocratie multiculturelle et laïque avec une minorité juive. Bref, la cause est entendue: le minuscule Etat juif est de trop.
Plus que jamais, il est exigé des Juifs qu´ils fassent leur deuil d´un idéal incarné dans un territoire, ce rêve fou des pères du sionisme. Orphelins d´une terre, il ne leur restera plus qu´à se résigner à l´exil, la terre promise assignée à l´état d´éternelle promesse. Ainsi dispersé et minoritaire, le peuple juif remplirait au mieux sa fonction messianique, fécondant les cultures qu´il côtoie et forgeant des destins d´exception. Mais sur ce chapitre hélas, l´Histoire avec son cortège de persécutions a déjà rendu son verdict. Et c´est précisément pour cette raison que les sionistes ont tant souhaité que les Juifs deviennent enfin un peuple pareil aux autres, à l´égal des autres, ni pire ni meilleur qu´un autre. Veut-on leur ôter ce droit?
Est-ce dans ce but que l´on utilise les termes les plus outranciers: de massacre à génocide, en passant par fascisme, épuration ethnique ou racisme? Autant de mots qui visent à diaboliser Israël. Tandis qu´on auréole les Palestiniens et que leurs armes les plus monstrueuses telles les attentats-suicides `source d´un espoir infini de destruction, ressource d´une négation de toute possibilité démocratique´ suscitent une intolérable indulgence (4).
De même, n´ira-t-on pas jusqu´à qualifier de pacifistes ceux qui ont pris unilatéralement le parti d´Arafat? Comment s´accommoder du dévoiement du mot sionisme, mouvement d´émancipation nationale, si la plupart de ceux qui l´emploient en ignorent le sens?
Il est plus qu´urgent de sortir de l´ère de la vitupération et de chercher des voies de rapprochement entre les uns et les autres, de soutenir les Palestiniens modérés qui tels Sari Nusseibeh et Hanane Ashraoui ont récemment signé une pétition demandant l´arrêt des attentats-suicides contre les civils, bref, de nous aider tous à sortir du chaudron infernal qu´est devenue cette région. Et ce chaudron n´a nul besoin des énormes quantités d´huile que l´on ne cesse de verser à distance sur son feu.
(1) Sara Brajbart, Maurice Einhorn, Pascale Gruber, André Brombart, Michel Laub, Jacques Zajtman, Michel Gross, Joël Kotek, Doubi Ajami, Georges Hirsch...
Voir la liste des membres et le texte complet sur le site
http://www.lalibre.be
(2) Lire dans `La Libre Belgique´, `Deux lectures de l´histoire´, Francis Martens, article du 4/4/2002 et `La lutte contre l´antisémistisme et son dévoiement´ de six professeurs de l´UCL (12/6/2002) en ligne sur http://www.lalibre.be
(4) `Les temps modernes´, n° 618.
dimanche 15 novembre 2009
Belgique : on accusa d'abord les voyous (2004)
"Avec ce qui se passe en ce moment, j’ai demandé que l’on mentionne l’antisémitisme dans les slogans, ce que je n’aurais pas fait il y a cinq ans", raconte sa présidente, Michèle Szwarcburt. Il y a eu des ricanements. On nous a répondu que marquer antisémite sur une pancarte, c’était écrire pro-Sharon." La dénonciation du sionisme, fût-il de gauche, est devenue ici une véritable "religion civique", estime Joël Kotek, professeur à l’université libre de Belgique. "C’est tout un climat. Les Belges ont peur de l’islam et n’osent pas le dire, et le dérivatif, c’est l’antisionisme."
Source: Shalom Archav
Des tabous ont sauté en Belgique
ATTAQUES ET MENACES, IMPUTÉES À LA COMMUNAUTÉ MAGHRÉBINE, ONT SUSCITÉ PEU DE RÉACTIONS
Par Marie-Laure COLSON - Libération - Jeudi 19 février 2004
On accusa d’abord les "voyous". En décembre 2001, l’agression physique du grand rabbin de Bruxelles dans le métro passa presque inaperçue. Puis il y eut les engins incendiaires contre les synagogues de Bruxelles et d’Anvers, les tirs contre celle de Charleroi, l’incendie d’une librairie juive, les insultes et les crachats, les caricatures et les tribunes dans la presse... Sans que ces actes clairement antisémites ne provoquent d’autre réaction qu’un émoi mesuré. Et une gêne palpable quand il s’agissait d’en dénoncer les auteurs.
"Il y a encore deux ans, confirme Omar Bergallou, animateur au Mrax (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie), on hésitait à désigner une population elle-même victime de discriminations. Aujourd’hui, c’est incontournable : la montée de l’antisémitisme concerne l’ensemble de la société belge, mais le passage à l’acte violent est le fait de jeunes issus de la communauté maghrébine."
Il a fallu que se produisent plusieurs faits antisémites graves en moins d’un mois pour que Marie Arena, la ministre de l’Intégration sociale et de l’Interculturalité, et le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, un établissement public, réagissent par un communiqué contre ces actes "odieux" et décident de créer une "cellule de veille". Quelques jours auparavant, le 28 janvier, le match de foot en salle Israël-Belgique à Hasselt avait dû être interrompu. La télévision avait montré des supporters hurlant "Hamas, Hamas, tous les juifs au gaz" ou "Mort aux juifs" devant des agents de police imperturbables.
La jeunesse livrée à elle-même
Ancien basketteur reconverti dans le soutien aux jeunes, Chico Kebsi désigne les commerces presque tous marocains qui bordent ce boulevard de Bruxelles menant à la gare du Midi : "Entre 1970 et 1990, les centres-ville ont été abandonnés, les familles maghrébines sont venues s’installer dans un habitat dégradé, la jeunesse a été livrée à elle-même." Le communautarisme a pallié une absence de politique sociale, abandonnée aux associations de terrain. Alimentée par une vision "satellitaire" du conflit au Proche-Orient, la distance s’est muée en détestation. Sur ce même boulevard, à la sortie de l’Athénée Maïmonide, Nathanaël, 15 ans, et ses camarades se sont fait agresser début février. Ce n’était pas la première fois. En mars 2003, une bande les avait pris à partie à la station de tram. Insultés, tabassés. Personne n’avait bougé. "Cette fois, quand on est sortis de l’école, ils étaient de l’autre côté de la rue. Ils ont commencé à nous traiter de "Sales juifs de merde" et à nous cracher dessus. Les gardes de l’école les ont dispersés. Mais, plus loin, ils avaient téléphoné à leurs copains et ils étaient une dizaine, avec des bâtons et des barres de fer." L’un des écoliers a demandé de l’aide à des adultes, en vain. Nathanaël, comme la dernière fois, est allé à la police pour porter plainte. Il n’a toujours pas pu déposer.
"L’antisémitisme de la communauté maghrébine est virulent, mais on ne peut pas dire que ce soit un coup de tonnerre dans un ciel serein", dit Maurice Einhorn, de l’association Dialogue et Partage. "J’ai été élevé dans une école flamande. Tous les juifs étaient mis d’office dans les mêmes classes, et les remarques antisémites des profs étaient fréquentes." La sortie récente du cardinal Joos dans un journal flamand, expliquant que Bill Clinton n’avait pu être élu que grâce "au grand capital et aux juifs", montre aussi que, dans un pays qui n’a jamais abordé la question de ses responsabilités dans la politique nazie de déportation des juifs, des tabous ont sauté. Pour Omar Bergallou, le ciel n’était pas non plus si serein avant la deuxième Intifada. "ça existait avant ! Les anciennes générations ont vécu le conflit israélo-arabe de 1967 et ont transmis leur ressentiment. Dans les bistrots maghrébins aujourd’hui, on ne discute pas des accords de Genève, mais de la légitimité de l’Etat d’Israël. On tient des discours qui valorisent Hitler, qui diabolisent les juifs, les homosexuels et parfois les femmes."
François Sant’Angelo, du Centre pour l’égalité des chances, observe une montée simultanée de l’islamo-phobie et de l’antisémitisme. "Ceux qui passent à l’acte sont une minorité, une population désespérée qui s’attaque à une population plus faible." Plus faible en nombre surtout, 30 000 personnes environ. La communauté maghrébine, forte de 200 000 à 300 000 personnes, est un réservoir d’électeurs autrement plus intéressant. "Les mosquées sont les seuls éléments organisateurs de la communauté, souligne Omar Bergallou. Ici, aux élections communales, il suffit que l’imam donne une consigne de vote."
Départ pour Israël
Depuis sa création il y a quarante-cinq ans, le Centre communautaire laïc juif est de tous les combats de la gauche et, à ce titre, le Front antifasciste l’avait sollicité pour une marche contre l’extrême droite le 24 avril. "Avec ce qui se passe en ce moment, j’ai demandé que l’on mentionne l’antisémitisme dans les slogans, ce que je n’aurais pas fait il y a cinq ans", raconte sa présidente, Michèle Szwarcburt. Il y a eu des ricanements. On nous a répondu que marquer antisémite sur une pancarte, c’était écrire pro-Sharon." La dénonciation du sionisme, fût-il de gauche, est devenue ici une véritable "religion civique", estime Joël Kotek, professeur à l’université libre de Belgique. "C’est tout un climat. Les Belges ont peur de l’islam et n’osent pas le dire, et le dérivatif, c’est l’antisionisme."
Vincent a décidé, lui, de jeter l’éponge. Il assistait en juin dernier aux funérailles de la mère de son professeur de fac, un homme connu et respecté. Le cortège qui sortait de la morgue, située dans un quartier d’immigrés maghrébins, est passé devant les grilles d’une école primaire. "Des enfants de 7 ans ont crié "Mort aux juifs". Les enseignants qui étaient avec eux n’ont pas réagi. ça a été l’événement de trop." Cet universitaire de 39 ans a vendu son appartement et part à la fin du mois pour Israël.
- 2009 : Nazification d'Israël et déferlement antisémite dans les rues de Bruxelles
Source: Shalom Archav
Des tabous ont sauté en Belgique
ATTAQUES ET MENACES, IMPUTÉES À LA COMMUNAUTÉ MAGHRÉBINE, ONT SUSCITÉ PEU DE RÉACTIONS
Par Marie-Laure COLSON - Libération - Jeudi 19 février 2004
On accusa d’abord les "voyous". En décembre 2001, l’agression physique du grand rabbin de Bruxelles dans le métro passa presque inaperçue. Puis il y eut les engins incendiaires contre les synagogues de Bruxelles et d’Anvers, les tirs contre celle de Charleroi, l’incendie d’une librairie juive, les insultes et les crachats, les caricatures et les tribunes dans la presse... Sans que ces actes clairement antisémites ne provoquent d’autre réaction qu’un émoi mesuré. Et une gêne palpable quand il s’agissait d’en dénoncer les auteurs.
"Il y a encore deux ans, confirme Omar Bergallou, animateur au Mrax (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie), on hésitait à désigner une population elle-même victime de discriminations. Aujourd’hui, c’est incontournable : la montée de l’antisémitisme concerne l’ensemble de la société belge, mais le passage à l’acte violent est le fait de jeunes issus de la communauté maghrébine."
Il a fallu que se produisent plusieurs faits antisémites graves en moins d’un mois pour que Marie Arena, la ministre de l’Intégration sociale et de l’Interculturalité, et le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, un établissement public, réagissent par un communiqué contre ces actes "odieux" et décident de créer une "cellule de veille". Quelques jours auparavant, le 28 janvier, le match de foot en salle Israël-Belgique à Hasselt avait dû être interrompu. La télévision avait montré des supporters hurlant "Hamas, Hamas, tous les juifs au gaz" ou "Mort aux juifs" devant des agents de police imperturbables.
La jeunesse livrée à elle-même
Ancien basketteur reconverti dans le soutien aux jeunes, Chico Kebsi désigne les commerces presque tous marocains qui bordent ce boulevard de Bruxelles menant à la gare du Midi : "Entre 1970 et 1990, les centres-ville ont été abandonnés, les familles maghrébines sont venues s’installer dans un habitat dégradé, la jeunesse a été livrée à elle-même." Le communautarisme a pallié une absence de politique sociale, abandonnée aux associations de terrain. Alimentée par une vision "satellitaire" du conflit au Proche-Orient, la distance s’est muée en détestation. Sur ce même boulevard, à la sortie de l’Athénée Maïmonide, Nathanaël, 15 ans, et ses camarades se sont fait agresser début février. Ce n’était pas la première fois. En mars 2003, une bande les avait pris à partie à la station de tram. Insultés, tabassés. Personne n’avait bougé. "Cette fois, quand on est sortis de l’école, ils étaient de l’autre côté de la rue. Ils ont commencé à nous traiter de "Sales juifs de merde" et à nous cracher dessus. Les gardes de l’école les ont dispersés. Mais, plus loin, ils avaient téléphoné à leurs copains et ils étaient une dizaine, avec des bâtons et des barres de fer." L’un des écoliers a demandé de l’aide à des adultes, en vain. Nathanaël, comme la dernière fois, est allé à la police pour porter plainte. Il n’a toujours pas pu déposer.
"L’antisémitisme de la communauté maghrébine est virulent, mais on ne peut pas dire que ce soit un coup de tonnerre dans un ciel serein", dit Maurice Einhorn, de l’association Dialogue et Partage. "J’ai été élevé dans une école flamande. Tous les juifs étaient mis d’office dans les mêmes classes, et les remarques antisémites des profs étaient fréquentes." La sortie récente du cardinal Joos dans un journal flamand, expliquant que Bill Clinton n’avait pu être élu que grâce "au grand capital et aux juifs", montre aussi que, dans un pays qui n’a jamais abordé la question de ses responsabilités dans la politique nazie de déportation des juifs, des tabous ont sauté. Pour Omar Bergallou, le ciel n’était pas non plus si serein avant la deuxième Intifada. "ça existait avant ! Les anciennes générations ont vécu le conflit israélo-arabe de 1967 et ont transmis leur ressentiment. Dans les bistrots maghrébins aujourd’hui, on ne discute pas des accords de Genève, mais de la légitimité de l’Etat d’Israël. On tient des discours qui valorisent Hitler, qui diabolisent les juifs, les homosexuels et parfois les femmes."
François Sant’Angelo, du Centre pour l’égalité des chances, observe une montée simultanée de l’islamo-phobie et de l’antisémitisme. "Ceux qui passent à l’acte sont une minorité, une population désespérée qui s’attaque à une population plus faible." Plus faible en nombre surtout, 30 000 personnes environ. La communauté maghrébine, forte de 200 000 à 300 000 personnes, est un réservoir d’électeurs autrement plus intéressant. "Les mosquées sont les seuls éléments organisateurs de la communauté, souligne Omar Bergallou. Ici, aux élections communales, il suffit que l’imam donne une consigne de vote."
Départ pour Israël
Depuis sa création il y a quarante-cinq ans, le Centre communautaire laïc juif est de tous les combats de la gauche et, à ce titre, le Front antifasciste l’avait sollicité pour une marche contre l’extrême droite le 24 avril. "Avec ce qui se passe en ce moment, j’ai demandé que l’on mentionne l’antisémitisme dans les slogans, ce que je n’aurais pas fait il y a cinq ans", raconte sa présidente, Michèle Szwarcburt. Il y a eu des ricanements. On nous a répondu que marquer antisémite sur une pancarte, c’était écrire pro-Sharon." La dénonciation du sionisme, fût-il de gauche, est devenue ici une véritable "religion civique", estime Joël Kotek, professeur à l’université libre de Belgique. "C’est tout un climat. Les Belges ont peur de l’islam et n’osent pas le dire, et le dérivatif, c’est l’antisionisme."
Vincent a décidé, lui, de jeter l’éponge. Il assistait en juin dernier aux funérailles de la mère de son professeur de fac, un homme connu et respecté. Le cortège qui sortait de la morgue, située dans un quartier d’immigrés maghrébins, est passé devant les grilles d’une école primaire. "Des enfants de 7 ans ont crié "Mort aux juifs". Les enseignants qui étaient avec eux n’ont pas réagi. ça a été l’événement de trop." Cet universitaire de 39 ans a vendu son appartement et part à la fin du mois pour Israël.
- 2009 : Nazification d'Israël et déferlement antisémite dans les rues de Bruxelles
Conférence: une voie royale pour comprendre la Shoah, la carte postale antisémite
Mardi 23 juin 2009 de 12h30 à 13h30
Une voie royale pour comprendre la Shoah, la carte postale antisémite
Conférence de Joël Kotek (professeur à l'ULB et à l’IEP-Paris)

"Le voilà bien ton rêve ?"
Une voie royale pour comprendre la Shoah, la carte postale antisémite
Conférence de Joël Kotek (professeur à l'ULB et à l’IEP-Paris)

"Le voilà bien ton rêve ?"
"Che safais bien gue ce n'être bas un chuif!"
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Dans le cadre de l'exposition:
Une mémoire de papier
du 15 mai au 15 octobre 2009
Une exposition consacrée aux cartes postales de la vie juive en Belgique
Une exposition consacrée aux cartes postales de la vie juive en Belgique
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