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dimanche 29 mai 2011

Charleroi: une ONG anti-israélienne déforme un article de Haaretz

(C'est également à Charleroi ( Forum social de Charleroi) qu'on veut résoudre les problèmes des démunis, des chômeurs et des sans-abris en militant, avec le succès qu'on connaît, pour le boycott des fruits d'Israël...)

Le 20 mai, le Haaretz en ligne publiait un article de Rona Selatrès intéressant titré : "It took a village" ("Il était une fois un village") et "In the 1940s, the Haganah collected detailed intelligence information about hundreds of Arab villages and photographed them, in many cases from the ground and also from the air. Only a few dozen of these 'village files' survive in local archives, but their photos constitute a valuable, missing chapter in Palestinian history."

Avec la rapidité qu'on lui connaît car la haine d'Israël lui fait pousser des ailes (donc 4 jours après la publication de l'article), l'ONG Plate-forme Charleroi-Palestine diffusait la traduction par Jean-Marie Flémal de l'articleet le titre "Il était une fois un village" devenait purement et simplement "Comment, dès 1943, les sionistes ont secrètement planifié le vol de la Palestine, village par village" - or rien dans l'article ne permet d'accréditer de près ou de loin une telle thèse.  Mais ccomme l'article n'est pas assez anti-sioniste, la traduction pallie cette déficience en ajoutant des notes savantes:

[1] l'auteur utilise l'expression "arab settlements", la même par laquelle on désigne les colonies juives de Cisjordanie actuellement. Il est bon de rappeler qu'il s'agit de localités arabes existant depuis des centaines d'années, voir davantage, et non de quelconques "implantations" artificielles destinées à conquérir la terre comme dans le cas des colonies juives. Voir  par exemple dans le texte lui-même à propos de Rantiya.
[2] FDI : "Forces de Défense d'Israël", autrement dit "Tsahal, armée d'agression et de conquête.
[3] L'invocation d'une "invasion par les armées arabes" fait elle-même partie de propagande sioniste: il s'agit d'accréditer par tous les moyens, y compris le choix des mots, l'image d'un Israël faible (que l'Occident se doit donc de protéger par tous les moyens en déversant sur lui argent et armes), perpétuellement menacé de disparition, d'une "nouvelle Shoah", du fait de l'hostilité des Palestiniens et des Arabes en général (à qui la propagande sioniste fabrique par ailleurs des liaisons et des affinités avec les nazis, histoire de compléter le tableau).
En ce qui concerne la prétendue "invasion par les armées arabes", il convient de rappeler qu'au début des hostilités qui ont conduit à la proclamation de l'indépendance d'Israël et l'ont suivie, c'est le camp sioniste qui a bénéficié d'une aide massive venant de l'extérieur, tant en armes qu'en combattants.
Au début des combats, qui ont commencé à la fin de 1947 après l'adoption par l'ONU du "plan de partage" de la Palestine, qui était inacceptable d'un point de vue arabe à la fois dans son principe et parce qu'il était outrageusement favorable aux Juifs, les combattants palestiniens ont plutôt eu le dessus. A partir de la fin de mars 1948, toutefois, la tendance s'est inversée, à la fois parce que des juifs affluaient du monde entier pour combattre, d'autre préférant fournir des fonds pour acquérir des armes, et parce qu'un armement moderne et abondant a commencé à arriver de Tchécoslovaquie (l'URSS entendait ainsi essentiellement évincer la Grande-Bretagne de la région).


Les Palestiniens n'étaient en mesure d'aligner que quelques milliers de combattants, armés de vieille pétoires, appuyés par moins de 4.000 volontaires de l'armée de libération de Fawzi Al-Qawuqji et 25 à 30.000 soldats envoyés par les Etats voisins. Face aux combattants arabes, les troupes juives atteignirent 65.000 et par la suite 90.000 combattants. Il y avait donc supériorité en nombre, en armements et en qualité du commandement, car du côté arabe les troupes envoyés par la Syrie et l'Egypte avaient davantage pour objectif d'empêcher la Jordanie de s'emparer de la Cisjordanie (ce qui était son objectif) que de vaincre les sionistes. Les accords d'armistice du 20 juillet 1949 ont entériné l'agrandissement d'un tiers de l'Etat juif par rapport à ce que prévoyait le "plan de partage" de l'ONU, Tel Aviv et Amman s'étant partagé la Cisjordanie et Gaza étant tombé dans l'escarcelle de l'Egypte (qui cependant ne l'annexa jamais formellement). 750.000 à 800.000 Palestiniens avaient été chassés de chez eux, victimes d'une politique d'expulsions systématique, et depuis lors l'ONU ne cesse de réaffirmer leur "droit au retour", sans rien faire pour en imposer le respect dans les faits. Voir notamment : A. Gresh et D. Vidal - "Les 100 clés du Proche-Orient" - pp. 280 à 282.
[4] "Tout ce qui reste : les villages palestiniens occupés et dépeuplés par Israël en 1948"

samedi 28 mai 2011

Charleroi: le boycott d'Israël pour aider chômeurs et sans-abris (2003)

Belgique: le boycott d'Israël pour aider chômeurs et sans-abris (2003)

"À lire La Libre Belgique, la réinsertion professionnelle passerait désormais par des exercices pratiques de détestation d’Israël. Cet exemple ahurissant permet de comprendre pourquoi l’antisionisme procède en Belgique, de l’ordre du réflexe pur et simple, sinon du religieux." 

Nous rapportions hier un projet artistique en Norvège utilisant le conflit israélo-arabe pour la réinsertion de jeunes délinquants [Métro d'Oslo: tagger "Free Palestine" pour réhabiliter de jeunes délinquants].  En Belgique francophone, qui a toujours une longueur d'avance dans cette matière, c'est déjà en 2003 qu'à Charleroi, on instrumentalisait le conflit en prônant aux"personnes démunies, [aux] chômeurs de longue durée, [aux] sans-abris" le boycott des fruits israéliens" - une action qui semble rencontrer l'approbation du quotidien La Libre Belgique.  Comme le démontre l'image ci-contre reprise du site Plate-forme Charleroi-Palestine, la situation n'a pas changé à Charleroi mais le chômage y est toujours particulièrement élevé.

Source: La Belgique et ses Juifs : de l'antijudaïsme comme code culturel, à l'antisionisme comme religion civique, Etudes du CRIF2004, par Joël Kotek. Extraits:

"L’exemple est clair : si rien ne procède réellement de la Palestine (historiquement, tout découlerait plutôt de la Judée mais n’est-ce pas là précisément l’origine de la névrose chrétienne et musulmane par rapport aux Juifs ?), tout y ramène forcément, jusqu’à la moindre initiative militante. Ainsi cette action de réinsertion que relate, sans distance critique, le quotidien catholique La Libre Belgique

 «Au sein du groupe de travail «Nord-Sud», Marie-Christine [1] tente de mettre en oeuvre des actions très concrètes. Elle veut impliquer les associations de lutte contre l'exclusion sociale-maisons de quartiers et autres- et les ouvrir à la réalité du Sud. «Nous avons par exemple beaucoup travaillé sur la Palestine en lien avec les actions de boycott des légumes et des fruits israéliens, explique-t-elle. L'idée était de permettre à des personnes en décrochage social de sensibiliser les magasins à cette question. Cette mobilisation leur donne le sentiment de pouvoir agir sur des choses qui, apparemment, les dépassent [Olivier Mouton "Des sans abris accompagnent la délégation belge"La Libre Belgique, 11/11/2003].

À lire La Libre Belgique, la réinsertion professionnelle passerait désormais par des exercices pratiques de détestation d’Israël. Cet exemple ahurissant permet de comprendre pourquoi l’antisionisme procède en Belgique, de l’ordre du réflexe pur et simple, sinon du religieux. 

Il ne viendrait, en effet, à l’idée de quiconque d’envisager le moindre boycott de produits chinois, pour cause d’occupation du Tibet, russes (Tchétchénie), turcs (Chypre), marocains (Sahara occidental), palestiniens (attentats-suicide contre des civils), voire même américains (Irak)." 

[1] "Marie-Christine Lothier, qui travaille à Entraide et Fraternité/Vivre ensemble, est membre du Forum social de Charleroi et responsable d'un groupe de travail «Nord-Sud».  
Elle se rend à Paris cette semaine, au sommet altermondialiste (NdlR: voir ci-dessus), en compagnie d'un groupe de personnes démunies, de chômeurs de longue durée, de sans-abris.
«Toute la relation Nord-Sud m'intéresse beaucoup parce que je suis confrontée très directement à l'exclusion en Belgique, dit-elle. L'articulation avec la problématique du tiers-monde est enrichissante pour comprendre la mécanique menant à l'exclusion.»
Boycott des fruits israéliens
Au sein du groupe de travail «Nord-Sud», Marie-Christine tente de mettre en oeuvre des actions très concrètes. Elle veut impliquer les associations de lutte contre l'exclusion sociale -maisons de quartiers et autres- et les ouvrir à la réalité du Sud. «Nous avons par exemple beaucoup travaillé sur la Palestine en lien avec les actions de boycott des légumes et des fruits israéliens, explique-t-elle. L'idée était de permettre à des personnes en décrochage social de sensibiliser les magasins à cette question. Cette mobilisation leur donne le sentiment de pouvoir agir sur des choses qui, apparemment, les dépassent.»"