lundi 30 novembre 2009

Les Juifs et le sang: thème cautionné par Oxfam Belgique ?

Pour sa campagne d'appel au boycott d'Israël en 2003, l'ONG Oxfam Belgique créa une affiche [1] qui comme l'explique l'historien Joël Kotek : "Seul le boycott des produits israéliens tient de l’évidence et c’est précisément pour cela qu’il est suspect, comme en témoigne la campagne de la section belge d’Oxfam. Du pur réflexe judéophobe d’autant plus insidieux qu’il passe pour progressiste et joue sur des archétypes (cf. ici le thème du Juif et du sang)." 

La campagne souleva une vague d'indignation et  fut fermement condamnée par le Centre Simon Wiesenthal. Oxfam International désavoua publiquement Oxfam Belgique et présenta des excuses [2].

Le thème du Juif et du sang - Oxfam 2003


Le thème du Juif et du sang - 2009

Une campagne nationale de boycott d'Israël vient d'être lancée qui réactualise l'image de l'orange saignante conçue par Oxfam Belgique il y a six ans et qui avait été répudiée par Oxfam International.


Or que constate-t-on?  Que les deux responsables de la campagne sont liés à Oxfam Belgique.  L'un, Tobias Van Os (leuven@oww.be) est un employé de l'ONG et l'autre, Jan Dreezen, était également salarié chez Oxfam jusqu'il y a peu.



[1] Affiche reprise le 9 septembre 2008 du site de la très influente Association Belgo-Palestinienne (Bruxelles-Wallonie), qui l'a entre-temps retirée tout en continuant à appeler au boycott d'Israël.

ONU : "pas de miel ou de "cookies", hein !" à Gaza, selon Karen Koning Abuzayd

"Le blocus lui inspire un commentaire amer : "Il n’y a que les médicaments et les vivres de base – pas de miel ou de "cookies", hein !""

Dans la série "Les Grands Entretiens de Baudouin Loos du quotidien belge Le Soir", celui avec Karen Koning Abuzayd, commissaire générale de l’UNRWA, mérite un mention toute spéciale.  A bout d'arguments, Loos s'échine à trouver n'importe quel témoin qui soit disposé à dénigrer Israël croyant ainsi valider auprès des lecteurs ses présupposés négatifs sur l'état qui fait l'objet de toute son attention journalistique.  Ainsi les mêmes thèmes sont recyclés à longeur de colonnes ... dans l'indifférence générale.  Baudouin Loos est persévérant et il ne désespère pas.  Pour une autre vision de la situation à Gaza, on consultera le site palestinien (boutiques, marchés, bétail, salons de coiffure, etc.) d'où proviennent ces photos et que les médias européens ne montrent pas.

dimanche 29 novembre 2009

Presse belge: "les mains voraces des néo-colons" de Cisjordanie

L'hebdomadaire Le Vif-L'Express a publié une interview du dirigeant socialiste belge Philippe Moureaux suite à l'occurrence de violentes émeutes provoquées par des jeunes dans la commune bruxelloise de Molenbeek pendant le mois de Ramadan (Enquête Moureaux, Shérif de Molenbeek, drogué du pouvoir - Son islamo-municipalisme, 02/08). M. Moureaux avait profité de l'occasion pour tenir des mots très durs et hors propos sur les juifs belges.  Ceux-ci ont suscité l'incompréhension de Joël Rubinfeld :

"J'avoue ne pas comprendre le sens des propos de Philippe Moureaux quand il parle de droit à la différence que les Juifs refuseraient aux Musulmans. Quel est donc ce droit dont les Juifs auraient joui? De quels privilèges auraient-ils bénéficié dont ils priveraient leurs concitoyens musulmans? Et qui parmi les représentants de la communauté juive auraient refusé ce prétendu droit à la différence à la communauté musulmane de notre pays?"

Si M. Moureaux s'en est pris aux Juifs belges, et surtout à ses dirigeants actuels auxquels il semble reprocher de faire preuve de moins de docilité que les précédents - ce qui est logique à l'ère de l'Internet, il n'a nullement fait référence à Israël.

C'est donc étonnant que l'hebdomadaire ait jugé utile de publier une lettre d'imprécations d'un lecteur, Willy Surmont d'Ath, qui dit approuver "le sentiment" du bourgmestre de Molenbeek "face à la politique menée par l'Etat israélien vis-à-vis des Palestiniens" et ajoute-t-il "c'est ce qu'il a voulu sous-entendre sans le dire tout haut". Par ailleurs, ce lecteur ne distingue pas très bien la différence entre Israéliens et juifs, comme le prouve sa remarque "un pays qui a quasi fourni le plus grand nombre de Prix Nobel" - il s'agit bien entendu de juifs, dont beaucoup étaient Européens et furent en raison de persécutions forcés à l'exil, et pas des Israéliens.

Comme d'habitude dans ce genre de lettre, l'auteur se présente comme quelqu'un d'impartial et qui veut que le bien de tout le monde. Il exprime de la compassion pour les souffrances du peuple juif et la sympathie que lui inspirait l'Israël des débuts, pour ensuite dresser le catalogue des infâmies supposées commises par les Israéliens, présentés comme victimes devenues bourreaux :

"Le peu de territoire dévolu aux Palestiniens est devenu un creuset nourri de rancoeurs et d'injustices: pas d'avenir, confiscations illégitimes et à outrance de terres résiduelles de Cisjordanie aux mains voraces des néo-colons, appropriation à 90% des eaux du Jourdain, même au détriment des pays voisins, occupation des espaces aériens et maritimes dont pas une part n'est réservée aux Palestiniens, miradors tout au long des frontières. Venant d'un pays qui a quasi fourni le plus grand nombre de Prix Nobel, ce comportement est devenu totalement irrationnel et scandaleux! La dernière réaction disproportionnée dans la bande de Gaza transformée en vaste espace de "tir à pipes" avec des dommages collatéraux inadmissibles sur le plan humain relève d'une hypocrisie scandaleuse face à ce terrible drame [...] je me désole que tant d'injustices puissent être commises par un peuple qui a pourtant connu à une autre époque ce type de brimades et de massacres, et même davantage! L'Histoire, un éternel recommencement ?".

Nous voici au coeur du message : les Juifs qui ont "connu à une autre époque ce type de brimades et de massacres, et même davantage" deviennent eux-mêmes des bourreaux. Si l'Histoire est un éternel recommencement, les calomnies contre les juifs ne sont rien de nouveau sous le soleil. Comme le souligne très justement l'intellectuel américain Paul Berman, auteur de Les Habits neufs de la terreur :

"Les comparaisons d'Israël à l'apartheid - ou les comparaisons plus radicales et de nos jours plus fréquentes aux nazis - ont fait irruption en Europe de l'Ouest et dans le monde arabe dans les années 1970, et maintenant on les trouve partout."


Palestiniens responsables de "l'envoi de quelques missiles et autres brimades".

- L’inquiétude des juifs belges
- L'attitude des Juifs belges envers les Musulmans "attriste" le leader socialiste Philippe Moureaux
- Inaceptable dérapage du leader socialiste belge Philippe Moureaux
Contre la désinformation: 
- La gestion de l'eau au Moyen Orient, par Alexandre Feigenbaum

samedi 28 novembre 2009

Lectures

"Salomon vous êtes juif", histoire de l’antisémitisme en Belgique du Moyen-Age à Internet, de Viviane Teitelbaum, éditions Luc (2008)

Gaza: Le grand mensonge, quand la démocratie capitule face à l'islamisme, de Claude Moniquet, éditions "Boîte de Pandore" (2009)
Pour lire la préface de Mohamed Sifaoui, cliquer ICI

The Suit Against Sharon in Belgium: A Case Analysis - Interview with Irit Kohn, Jerusalem Center for Public Affairs (Sept. 2008)

Les habits neufs de l'antisémitisme en Europe (ouvrage collectif sous la direction de Manfred Gerstenfeld et Shmuel Trigano, Café Noir (2004)) - Joël Rubinfeld a rédigé le chapitre sur la Belgique dans lequel il relate la résurgence de l’antisémitisme en Belgique suite au déclenchement de la seconde intifada.
Description de l'ouvrage:
"L'année 2000 a marqué un tournant dans l'histoire des communautés juives qui s'étaient reconstruites en Europe au sortir de la deuxième guerre mondiale qui avait vu leur extermination. Une poussée antisémite d'un genre inédit a ébranlé les convictions sur lesquelles cette renaissance remarquable s'était fondée. Le rapport avec l'actualité du Proche-Orient a bien sûr joué un rôle de catalyseur mais il aurait été insuffisant à lui seul pour déclencher un phénomène d'une telle ampleur. Celui-ci traduit en effet plus profondément un problème spécifique à l'Europe, autant culturel que politique. II témoigne avec fracas de l'arrivée sur la scène politique des populations de l'immigration arabo-musulmane, mais aussi de ce que le glacis conventionnel de l'après-guerre cachait. Sans la complaisance des médias, de l'opinion publique, et la plupart du temps, des pouvoirs publics, dans tous les pays concernés, jamais l'antisémitisme virulent qui a emporté le monde arabo-musulman contemporain n'aurait pu s'exprimer aussi ouvertement et avec tant d'impunité. C'est ce relais européen d'une vindicte qui tire ses origines du refus arabe d'Israël qui est le plus inquiétant pour l'avenir du judaïsme sur ce continent. II a donné l'occasion de se réveiller aux plus anciens stéréotypes antisémites de l'histoire et justifie la définition de ce nouvel antisémitisme comme " européen ". Les études rassemblées dans cet ouvrage analysent la situation dans quinze pays européens."

La Belgique et ses Juifs : de l'antijudaïsme comme code culturel, à l'antisonisme comme religion civique, de Joël Kotek, Etudes du CRIF, 2004 (pdf)

ADL Says Belgium Boycott of Israeli Goods "Inappropriate and Misguided"

Statistiques:
Anti-Jewish sentiment in Belgium, Anti-Defamation League (2007)

La presse:
Le Vif/L’Express verandert van koers (Le Vif/L’Express change de cap), de Savasorda, Joods Actueel

La presse subsidiée à la botte de l’état, Père Ubu (2009)

mardi 24 novembre 2009

Statistiques sur le sentiment anti-juif en Belgique (Anti-Defamation League, 2007)

Anti-Jewish sentiment in Belgium
Attitudes Toward Jews and the Middle East in Six European Countries

»» The data indicate that 30 percent of Belgian respondents answered "probably true" to at least three of the four anti-Semitic stereotypes presented.

»» Their responses to the four statements are as follows:
1) 54 percent of respondents think that Jews are more loyal to Israel than to Belgium.
2) 36 percent of respondents think that Jews have too much power in the business world.
3) 40 percent believe that Jews have too much power in international financial markets.
4) 43 percent believe that Jews still talk too much about what happened to them in the Holocaust.

samedi 21 novembre 2009

2008: 133 artistes palestiniens, 218 activités, près de 50.000 spectateurs, 1.000 élèves pour Masarat

En 2008, Israël a célébré les 60 ans d'existence en tant qu'état du peuple juif. A Bruxelles - capitale de l'Europe - et en Wallonie on a choisi de célébrer la Palestine et de porter atteinte à l'image d'Israël (invité le Zan Studio de Ramallah).  Pour quel résultat?  La population a largement ignoré ces célébrations.  Il s'agit de la seule initiative de ce type en Europe.

Extraits du communiqué Masarat - Saison artistique et culturelle palestinienne en Communauté française - Clôture et perspectives,repris du blog de Marie-Dominique Simonet, Ministre des Relations internationales de la Communauté française et de la Région wallonne (Conférence de presse, 20/01/2009)

"Alors que Gaza compte ses morts, n’est-il pas décalé, voire indécent de parler d’échanges et de projets culturels avec la Palestine ?"

"133 artistes palestiniens, 218 activités, près de 50.000 spectateurs et seulement 2 annulations.

Je voudrais aussi souligner à quel point les médias ont « joué le jeu ». Ils ont largement contribué à éveiller la curiosité du public et à élargir l’audience.
Bref, je crois pouvoir confirmer qu’il n’y avait jamais eu, avant « Masarat », un ensemble de manifestations aussi important autour de la création contemporaine palestinienne. [...]

Pour conclure, je voudrais revenir sur la signification politique de « Masarat ». Je veux redire que l’objectif premier était et est resté fondamentalement culturel. Mais une initiative de cette nature comporte nécessairement une dimension politique sous-jacente : Contribuer à faire connaître les artistes palestiniens, c’est vouloir affirmer leur égale dignité, y compris par rapport aux Israéliens.

Pour autant, je voudrais souligner qu’à part l’une ou l’autre tentative sans lendemain, « Masarat » n’a pas été instrumentalisé à des fins de propagande. Ni dans un sens, ni dans l’autre, d’ailleurs, et j’en remercie tous ceux qui ont fait preuve de vigilance à cet égard.[...]

Sur le plan des écoles, l’opération également est un succès : plus de 1000 élèves et étudiants de l’enseignement secondaire ou supérieur artistique se sont déplacés, suite au travail de sensibilisation mené par les jeunes de Génération Palestine et par Marianne Blume – qui fut notre coopérante Wallonie-Bruxelles à Gaza."

Belgique: 4 caricatures démonisant l'Etoile de David

"Les comparaisons d'Israël à l'apartheid - ou les comparaisons plus radicales et de nos jours plus fréquentes aux nazis - ont fait irruption en Europe de l'Ouest et dans le monde arabe dans les années 1970, et maintenant on les trouve partout." (Paul Berman, intellectuel américain, auteur de Les Habits neufs de la terreur)




Quatre caricatures (parmi d'autres) reprises du blog belge Reservoir Blog. Dans lequel on ne trouve aucun dessin pour dénoncer les conflits bien plus meurtriers que le conflit israélo-arabe, comme ceux du Congo, du Sri Lanka, du Darfour etc.

Ce blog est hébergé par La Libre Belgique
http://mercenier.lalibreblogs.be/archive/2009/01/08/la-mort-sur-un-nuage.html

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La Libre Belgique: pas de trêve de Kippour dans le dénigrement d'Israël

Pas de panique: l'ONG belge INTAL ne boycotte qu'Israël, dixit Bert De Belder

A la question de savoir si l'ONG belge INTAL - qui mène en ce moment plusieurs campagnes (soit dit en passant toutes 100% infructueuses) en faveur du boycott d'Israël, a dans sa ligne de mire des pays qui sont en délicatesse avec les droits de l'homme comme l'Arabie Séoudite, le Congo, la Syrie et la Libye, Bert De Belder explique sur le site de l'association (Geslaagde protestactie tegen handelsmissie naar Israël):

"Non, pas de panique, nous ne visons qu'Israël, un pays qui s'isole de la communauté internationale par ses crimes de guerre et du fait qu'il ne tient pas compte des résolutions de l'ONU".

Donc le critère qui dicte que seul Israël est visé par les boycotts d'INTAL sont les résolutions de l'ONU ... Bien joué Bert. Si dans son ominiscience l'ONU le décrète ... c'est que c'est vrai.
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Les campagnes de boycott ne datent pas d'aujourd'hui - déjà en 2003 ...

Affiche reprise le 9 septembre 2008 du site de la très influente Association Belgo-Palestinienne (Bruxelles-Wallonie), qui l'a entre-temps retirée tout en continuant (mais visible ICI, avec attribution à l'ABP) à appeler au boycott d'Israël et qui soutient INTAL. L'affiche fut créée par Oxfam Belgique en 2003. Cet appel au boycott fut fermement condamné par le Centre Simon Wiesenthal et souleva une vague d'indignation. Oxfam International désavoua publiquement Oxfam Belgique.

- Belgique: Baudouin Loos fait la pub pour une ONG qui accuse Israël d'apartheid
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INTAL: Le Zan Studio de Ramallah
- Belgique - la campagne "Dexia hors d'Israël" continue
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Musulmans belges ne vous trompez pas de dattes

Anti Boycott Israel blog
- 200 raisons pour ne pas boycotter Israël - il y en a des milliers d'autres

Serge Dumont du Soir: l'affolement des Israéliens face à la "bombe A" des Palestiniens

Un long article de Serge Dumont a paru dans quotidien belge Le Soir (16/11/2009) introduit par un un titre choc : "La "bombe A" des Palestiniens" - Ils menacent de proclamer l'indépendance de leur Etat". Dumont avance que "cette menace affole les dirigeants israéliens qui redoutent de voir le nouvel Etat aussitôt reconnu par la communauté internationale."

On observera que dans la presse belge francophone les dirigeants israéliens sont toujours décrits comme des idiots, des incompétents, qui ont recours pour un rien à la force "disproportionnée" cela va de soi, mais qui par ailleurs s'affolent ce qui revient à dire que ce ne sont que des amateurs qui ne contrôlent pas la sitution.

Affolés ou agacés ?

Le lendemain, c'était au tour de l'autre grand pourfendeur d'Israël du Soir, Baudouin Loos, de se pencher sur la situation. Avec un jour de recul, le discours change. Les dirigeants israéliens ne sont plus affolés, ils sont agacés par la proposition des Palestiniens "le gouvernement israélien manifeste des signes d'agacement" et "les ministres israéliens multiplient les menaces", déclare le journaliste.

Apocalypse soon

Loos termine son papier par une note apocalyptique, fruit d'une intense réflexion journalistique : "Excédés, certains Palestiniens exhibent un autre scénario à la place de la déclaration d'indépendance (qui ne saurait être que formelle, sans contenu) : la dissolution pure et simple de l'AP, qui laisserait Israël en charge de tous les Palestiniens de Cisjordanie [en général il ajoute "occupée"], comme avant les accord d'Oslo de 1993".

De son côté, La Libre Belgique d'hier rappelait également la cruauté des Israéliens en reproduisant une dépêche au vitriol de l'AFP: "Israël. Pas de merci pour l'ennemi". On y rappelle qu'un "rapport de l’ONU a accusé l’armée israélienne de "crimes de guerre" au cours de cette opération. Celle-ci a fait 1 400 morts côté palestinien et 13 côté israélien." Pas un mot sur le terrorisme palestinien.

vendredi 20 novembre 2009

Presse belge: l’hydre décapitée à Berlin ressuscite à Jérusalem (Benjamin Moriamé)

Benjamin Moriamé a eu l'honneur en une semaine d'avoir deux écrits virulemment anti-israéliens publiés dans les colonnes de La Libre Belgique. Le premier (11/11) : "Le Mur israélien constitue un summum dans l’histoire de l’humanité".

Benjamin Moriamé ne fait aucune mention des attentats terroristes perpétrés par les Palestiniens. Malgré la multitude de détails qui émaillent le texte, il ne se donne pas la peine d'expliquer - même avec de mauvais arguments - la raison pour laquelle le mur a été édifié. Extraits du second de ses écrits (18/11) qualifié de reportage "Je ne peux plus voir Jerusalem" :

"Le Mur de la honte ! [...]

Pourtant, la "barrière de séparation" – euphémisme d’usage en Israël – est sans commune mesure avec son tragique prédécesseur, le Mauer berlinois. L’hydre décapitée en 1989, ressuscitée à Jérusalem, a plus que quadruplé de volume. Ses nombreuses sections de béton – essentiellement dans les villes – sont parfois hautes de neuf mètres, avec un minimum de six. Les tronçons de grillages électroniques – en zones rurales – sont larges de cinquante à cent-cinquante mètres, puisqu’ils s’accompagnent d’une route de patrouille réservée aux soldats israéliens, d’un fossé, de pyramides de barbelés “lames de rasoirs”, etc. Pour construire cet ensemble – 703 kilomètres sont prévus – des centaines de maisons palestiniennes ont déjà été détruites. [...]

Le Mur déploie ses méandres à travers les territoires occupés, comme un serpent étouffe sa proie. Tous les points vitaux de la société palestinienne sont gravement atteints : économie, soins de santé, enseignement, accès à l’eau… [...]

"S’il vous plaît, arrêtez ce mur de l’apartheid", a peint un anonyme de Bethléem, côté pile."
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Benjamin Moriamé est l'auteur d'un seul et unique ouvrage au titre éloquent "La Palestine dans l’étau israélien : avant et après le mur", collection Comprendre le Moyen-Orient dirigée par J.-P. Chagnollaud, L’Harmattan, janvier 2007, prafacé par l'éminent Bichara Khader, professeur à l''Université catholique de Louvain...

Il est aussi signataire d'un "Appel pour une candidature anticapitaliste aux élections européennes", lequel il faut le reconnaître a rencontré un bien modeste succès.

- Belgique: les bien chers frères Khader et la guerre occulte contre Israël
-
Bichara Khader: la Turquie "fait grincer les dents d’Israël"
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Bichara Khader: "Israël pratique la forme du terrorisme la plus abjecte"
-
Bichara Khader et la "dé-existence" palestinienne

Dessin de Ben Heine, un ami de Benjamin Moriamé, ajouté par nous.

Comment le MRAX a été noyauté et le silence des médias

"L’organisateur des derniers spectacles de Dieudonné en Belgique (Miloud Merzguioui)" Membre du MRAX...

Et comme par hasard, les fins limiers de la presse belge francophone (ceux du Soir et de La Libre Belgique en particulier) auxquels rien, mais absolument rien, de ce qui se passe en Israël n'échappe, n'ont en plus de deux ans rien vu, rien su, rien dit de cette troublante dérive du MRAX. Alors que, encore une fois comme par hasard, un blog "arabo-musulman" voyait, savait et clamait la bonne nouvelle sur Internet ...

Source: Quand le MRAX désaxe…

"[...] A l’époque [2007], un blog "arabo-musulman" de Bruxelles commente ainsi la composition de cette liste : "Une écrasante majorité des nouveaux adhérents sont issus de la communauté arabo-musulmane et de la marocaine en particulier". 45 des 75 nouveaux membres de dernière minute du MRAX sont "issus de la communauté arabo-musulmane" [pour consulter la liste des adhérents cliquer ICI]. Radouane Bouhlal a monté une opération de clientélisme cinq étoiles !

Le profil de ces 45 nouveaux membres du MRAX et des 30 autres, aide à mieux cerner l’entourage politico-religieux de Radouane Bouhlal. Sont présents dans cette liste :
- L’organisateur des derniers spectacles de Dieudonné en Belgique (Miloud Merzguioui)
- Des membres et des candidats du parti islamo-gauchiste "Egalité", dont Nordine Saïdi, la tête de liste au scrutin régional bruxellois de juin 2009, vient d’être exclu du Bureau du MRAX pour avoir publié des textes "glissant vers l’antisémitisme" sur son blog (Nadia Boumazoughe, Fatima Hamyani, Sandrine Corten, William Van Duffel)
- Plusieurs autres proches de Nordine Saïdi, militant notamment au sein du Mouvement Citoyen Palestine, dont il est l’animateur et qui est proche des thèses du Hamas (Nathalie Preudhomme, Benayad Said…)
- Des membres du Cercle des étudiants arabo-européens de l’ULB (relayant notamment les thèses communautaristes du mouvement français des "Indigènes de la République"), de la Ligue islamique interculturelle de Belgique et de Présence musulmane Belgique (Fatima Zibouh, Azzeddine Hajji, Keltoum Haoua, Gamila Dahri…)
- Quelques "convertis", dont Isabelle Praile, vice-présidente de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, et Michaël Privot, figure connue des Frères Musulmans et admistrateur d’une mosquée verviétoise [Verviers, bastion du Hamas, selon la NEFA Foundation]
- Des militants du PTB (Abdel Moussaddaq), d’Ecolo (Hicham Hammad, Barbara Tratche)
- Des étudiants et chercheurs de l’ULB opposants à feu le chantier Valeurs et souvent proches des thèses de Tariq Ramadan.

Lettre ouverte à Radouane Bouhlal, Président du MRAX

Texte repris du blog de Viviane Teitelbaum (19/11/2009)

"Tu n’as jamais condamné l’antisémitisme sans le noyer dans des condamnations simultanées et globales de différents racismes et xénophobies ou d’islamophobie."

Radouane, Je t’écris aujourd’hui parce que j’ai pris connaissance de tes accusations contre le libéral Jean Gol et contre mon courageux collègue, Alain Destexhe.

« Le MR est en train de régresser et de revenir aux pires années du libéralisme, celles de l’ère Gol et ses lois contre les étrangers. (…) visiblement affaibli, M. Reynders est aujourd’hui dépassé par une dérive populiste, celle des nouveaux réactionnaires de droite », as-tu déclaré. Et de rajouter : « Je m’étonne et je m’insurge face à la réutilisation d’un discours né de l’ère Le Pen en France, et qui hormis au Vlaams Blok Belang, n’avait jamais été au devant de l’actualité politique en Belgique ». Je m’insurge. Accuser des démocrates engagés de tes propres torts est à mes yeux inacceptable, et indigne.

« Visages pâles »
Yvonne Jospa
, cette féministe courageuse, femme de cœur, de solidarité et grande résistante, qui a présidé le MRAX jusqu’en 1987, ne pourrait comprendre, et moi non plus : lors d’un débat télévisé sur le port du voile de la députée Ozdémir tu as qualifié les citoyens belges – non issus de l’immigration!- de «visages pâles». J’ai pâli, moi la juive, mais de honte. Aujourd’hui, c’est sans aucune gêne, que suite à la réflexion de nombreux mandataires MR dans le cadre d’un travail sérieux et posé sur le port du voile, tu oses juger « le MR moins libéral et plus liberticide ». Car pas d’accord avec tes positions discriminatoires envers les femmes qui renvoient les filles musulmanes à leur Imam plutôt qu’à la Loi ? Extraordinaire ! Tu donnes des leçons de démocratie ? Au nom de qui ? De l’organisation que tu as détournée de ses buts et missions initiales? D’un MRAX dont la seule activité consiste désormais à tenter de stigmatiser toute critique des religions, voire d’un islam radical ?

« Quelque peu contre-productive, relativement maladroite, assez confuse et pas assez ambitieuse » C’est en ces termes que tu as qualifié la Proposition de résolution relative à la résurgence de l’antisémitisme en Belgique» que j’ai cosignée au Parlement bruxellois en 2004. Tu es intervenu lors d’une audition, tu t’en souviens certainement. J’ai été passablement déçue. Déçue que le MRAX, né MRAP en 1950, créé par d’anciens résistants – des Juifs et des communistes – unis dans ce Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix, ait d’un seul coup perdu l’idéal de ses fondateurs.

« Contre-productive, parce que les filles portant le foulard à qui on refuse l’accès aux établissements scolaires en raison de ce foulard ne comprendraient pas qu’on s’occupe des uns, en l’occurrence ici, les Juifs, qui auraient droit à une résolution du Parlement et pas des autres c’est-à-dire eux-mêmes ». Je suis choquée, car le président du MRAX, met à mal l’égalité hommes - femmes et compare un choix religieux ou identitaire à une discrimination, qui par son paroxysme a mené aux heures les plus noires de l’humanité.

Maladroite, disais-tu encore, car ce texte stigmatise les arabo-musulmans. Je suis en colère L’antisémitisme nouveau, certes dû à une crise internationale doublée d’un crise identitaire chez les jeunes issus de l’immigration, parfois victimes de racisme ou instrumentalisés, doit-il en permanence s’effacer derrière un autre mal-être ? Les Juifs doivent-ils accepter de vivre des insultes verbales et physiques quand leurs auteurs appartiennent à une communauté qui subit des exclusions ? Le nombre d’incidents et d’agressions antisémites est non seulement en progression constante depuis le tournant du siècle, mais en plus, ils sont souvent le fait de ces jeunes influencés par l’importation du conflit du Moyen-Orient en Belgique.

Le clientélisme politique qui veut séduire est, à mon sens, à l’origine de ce mal social, du laxisme et d’une forme complaisance intéressée qui acceptent de ces jeunes ce que l’on refuse aux autres adolescents. Et tu participes de ce processus en justifiant l’inacceptable, en cherchant des excuses, là où tu devrais simplement, tout simplement condamner les faits. Mais ce n’est pas cela que tu as stigmatisé, tu accuses ceux qui osent parler d’antisémitisme. Depuis ce travail parlementaire, après la publication de mon livre sur l’antisémitisme en Belgique, nous avons débattu, en privé ou sur antennes, tu n’as jamais condamné l’antisémitisme sans le noyer dans des condamnations simultanées et globales de différents racismes et xénophobies ou d’islamophobie.

Que tu t’entoures de personnes faisant « l’apologie du Hamas », un mouvement d’extrême droite, ou que tu t’interposes pour que l’on donne la parole à ceux qui, comme Tariq Ramadan, défendent l’idéologie salafiste, tout en traitant ceux qui n’appartiennent pas à ta communauté de « visage pâle » est outrancier, et dangereux. [...]

- MRAX: Radouane Bouhlal stigmatise l'ère Jean Gol

MRAX belge: Radouane Bouhlal stigmatise l'ère Jean Gol


Suite aux révélations faites par le Sénateur Alain Destexhe et le journaliste Claude Demelenne concernant "la dérive inquiétante du MRAX. Mutation communautariste, pluralisme de façade de ses organes de gestion, fréquentations plus que douteuses de son président (Radouane Bouhlal), l'association antiraciste brille également (et surtout) par l'opacité de son financement public et sa gestion controversée de plusieurs millions d'euros provenant des subsides octroyés par la Communauté française, mais aussi par les autres niveaux de pouvoir" [1], Radouane Bouhlal a mis en cause "l'ère Gol" :

"Le MR est en train de régresser et de revenir aux pires années du libéralisme, celles de l'ère Gol et ses lois contre les étrangers. Louis Michel et dans sa foulée, Didier Reynders avaient réussi, avec beaucoup d'énergie à opérer un revirement mais, visiblement affaibli, M. Reynders est aujourd'hui dépassé par une dérive populiste, celle des nouveaux réactionnaires de droite." [2]

Jean Gol, que M. Bouhlal calomnie de la sorte, est considéré par son propre parti comme un "titan de la vie politique belge" et le centre qui porte son nom "l’âme du Mouvement Réformateur".

Comment ne pas s'étonner et déplorer que, tout à fait hors propos, M. Bouhlal ait choisi de s'attaquer à Jean Gol, qui, incidemment, était juif, en l'opposant aux autres dirigeants libéreaux, laissant soupçonner qu'il était un homme hostile aux étrangers et que ses successeurs au sein du parti ont dû réparer les dérives populistes et réactionnaires de son ère.

Centre Jean Gol

[1] MRAX: Stop au financement public des liaisons dangereuses de Radouane Bouhlal
[2] Le MRAX s'apprête à déposer plainte contre Destexhe

- Le MRAX belge retire 2 liens vers des sites à relents négationnistes de son blog
-
Nordine Saïdi du MRAX continue à inciter à la haine antisémite et antisioniste
-
"Il faut oser dire qu'il existe une extrême droite musulmane"

Nordine Saïdi du Mrax continue à inciter à la haine antisémite et antisioniste


Reçu ce message de la part d'un lecteur de ce site :

"Le Blog "Free Palestine" géré par Nordine Saïdi qui vient d'être exclu du Bureau du Mrax, mais toujours membre du Mrax, il continue pourtant à stigmatiser Israël et à inciter à la haine antisémite et antisioniste sur son Blog ! [Nordine Saïdi, boycotteur en chef de dattes israéliennes, exclu du Mrax]

Voyez la photo du chef d’état-major de Tsahal, le général Gaby Ashkenazy !

Peut-on envoyer ce blog à Madame la Ministre Fadila Laanan pour savoir ce qu'elle en pense ?"

- La Ministre Fadila Laanan et le groupe Facebook "antisioniste"
-
En Israël la ministre belge francophone de la culture Fadila Laanan "casse" un mur
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MRAX: Stop au financement public des liaisons dangereuses de Radouane Bouhlal

Nordine Saïdi, boycotteur en chef de dattes israéliennes, exclu du MRAX


Le Mrax (Belgique francophone) est dans la tourmente. Un des hauts responsables Nordine Saïdi (exclu depuis hier) est la figure de proue dans la campagne de boycott des dattes israéliennes. La situation est tellement scandaleuse que le Sénateur Alain Destexhe demande que l'Etat mette fin au financement du Mrax (MRAX: Stop au financement public des liaisons dangereuses de Radouane Bouhlal), ce qui lui vaut l'approbation de beaucoup de gens excédés par les outrances du Mrax.

Hugues Dorzée du Soir a suivi avec beaucoup d'intérêt la campagne, rendant fidèlement compte dans plusieurs articles des périties du Sieur Nordine sans prononcer le moindre mot de critique (Une arrestation raciste ? Anderlecht Nordine participait à une action "Boycott Israël") .

Dans Le Soir d'aujourd'hui, Hugues Dorzée, écrit cette phrase stupéfiante au sujet de l'éviction du Nordine Saïdi :

"Par ailleurs, il nous revient que le conseil d’administration a décidé ce lundi 9 novembre d’exclure Nordine Saïdi de son bureau. Le 27 juin, lors d’une AG, un membre du Mrax avait dénoncé la présence de textes antisémites sur le blog que tient ce dernier pour le compte du Mouvement citoyen Palestine (http://mcpalestine.canalblog.com).

Pour le CA, qui dit avoir mené une "instruction de plusieurs semaines", la majeure partie des textes postés ne posent pas de problème "même s’ils heurtent, choquent ou inquiètent un Etat, une conviction philosophique ou un système ou une idéologie". Toutefois, estime le CA, certains textes "glissent" vers l’antisémitisme, le négationnisme, le racisme anti-arabe ou l’islamophobie."

Ici la langue de bois atteint le sommet des sommets : Nordine Saïdi posterait des textes qui "glissent" (joliment dit) vers "l’antisémitisme, le négationnisme, le racisme anti-arabe ou l’islamophobie". Etonnant journalisme.
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"Je comprends les attentats suicides ou terroristes sans nécessairement les justifier. En tout cas, je m’interdis de condamner des faits sans parler des causes. Oui, je refuse de condamner des attentats terroristes ! Pour avoir un débat serein sur les attentats suicides, il faut pouvoir parler du pourquoi de ces actes en Palestine ou ailleurs car ce ne sont pas les Palestiniens qui possèdent 200 têtes nucléaires, des chars militaires et des avions F16 mais bien Israël et c’est l’Etat d’Israël qui pratique une politique terroriste et raciste contre la population palestinienne." (Nordine Saïdi, ancien administrateur du MRAX (belge francophone))

- Le Mrax belge retire 2 liens vers des sites à relents négationnistes de son blog
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Une histoire de boycott qui fera "datte", la Radio Télévision Belge est pour

jeudi 19 novembre 2009

Pour Francis Martens: Israël Un État de trop ? Un débat trop loin ?

Source: Collectif Dialogue et Partage

En réponse à la tribune libre de six professeurs de l’UCL intitulée «La lutte contre l’antisémitisme et son dévoiement» et celle de Francis Martens intitulée «Vers un nouvel antisémitisme»

Publiée le 25 mai 2002

La critique de la politique d´Israël doit-elle aller jusqu´à remettre en cause la légitimité de l´existence de l´Etat juif? Libre à certains de le revendiquer, libre à d´autres de s´en indigner.

Toute critique, fût-elle vive, à l´encontre de l´action d´Ariel Sharon ne peut être taxée d´antisémitisme. Même une remise en cause des grandes lignes de la politique menée ces dernières années par l´Etat d´Israël ne mérite guère ce qualificatif. A partir de ce véritable postulat, auquel nous ne pouvons qu´adhérer, d´aucuns tentent subtilement d´inverser radicalement le propos: aucune critique d´Israël, quels que soient les arguments sur lesquels elle se fonde, les images auxquelles elle recourt et les sentiments refoulés qu´elle fait resurgir, ne saurait être tenue comme une manifestation d´antisémitisme, dès lors qu´elle vise explicitement l´Etat et non le peuple juif.

Ainsi certaines thèses nous paraissent dépasser, et de loin, la critique parfaitement légitime d´une politique ou la déconstruction de certains mythes. Allant jusqu´à remettre en question la légitimité d´un Etat juif, accusant Israël de tous les maux, elles encouragent une diabolisation insupportable. Signaler ces dérives constitue la raison d´être de notre Collectif. (2)

L´une de ces thèses consiste à parler de la création de l´Etat d´Israël comme d´un `péché originel´ - reprenant en cela la formulation malheureuse de certains historiens - car elle se serait faite au mépris d´un autre peuple qui occupait déjà la région et se serait traduite par l´expulsion de 600000 Palestiniens.

Ainsi toute l´histoire du conflit israélo-palestinien reposerait sur le déni de ce `péché originel´ dont se seraient rendus coupables les sionistes. Ce déni expliquerait notamment pourquoi l´Etat juif, né de la persécution et de l´exclusion, s´est servi de l´alibi de la Shoah pour persécuter à son tour les Palestiniens et pratiquer impunément la politique du fait accompli sans crainte de sanctions internationales.

Afin de donner quelque chance à la paix, les Israéliens et les Juifs de la diaspora sont invités à reconnaître ce `péché originel´, au risque d´engendrer une nouvelle forme d´antisémitisme dont Israël porterait cette fois l´entière responsabilité.

Cette thèse nous indigne profondément. D´abord parce qu´elle transforme une fatalité historique née des convulsions du vingtième siècle en une faute par définition inexpiable, faisant resurgir du même coup le vieux thème chrétien de la culpabilité originelle des Juifs. Ensuite, parce qu´elle omet le `péché originel´ du monde arabo-musulman, le refus du plan de partage de la Terre Sainte proposé le 29 novembre 1947. De ce refus, seul, et de la guerre à Israël qui s´ensuivit, éclata le drame palestinien.

Mais voilà. En simplifiant outrageusement la réalité, le manichéisme permet de soulager la pensée et de plier les faits aux fantasmes. On aura donc, d´un côté, les bourreaux sionistes colonialistes et de l´autre les innocentes victimes palestiniennes. Armé de ce viatique, on accusera pêle-mêle Israël de constituer une démocratie à temps partiel, de pratiquer l´apartheid, d´être la source principale de l´antisémitisme et de servir de `caisse de résonance à la sacralisation d´un génocide `unique´ (3) (ne l´est-il pas?). Mais en même temps, on omettra de signaler l´antisémitisme virulent des mouvements islamistes, leur volonté affichée de détruire Israël (et l´Occident). On oubliera de mentionner la conférence de Durban qui, sous la houlette d´une sinistre brochette de dictatures, a mis Israël au ban des nations. On refusera le qualificatif d´antisémitisme pour décrire les attaques de synagogues en Europe. Et bien sûr, on évitera de condamner fermement les kamikazes, préférant motiver ces actes par le désespoir.

Ce cercle vicieux de la pensée s´accorde parfaitement avec la pratique systématique de l´amalgame: tous les Israéliens ou presque soutiennent l´extrême droite et dans la foulée, tous les Juifs de la diaspora sont accusés de cautionner la politique des implantations. Une vision qui sous-estime le débat qui agite les communautés juives et surestime le soutien des Israéliens à la vision des extrémistes. Certes, une majorité d´Israéliens, traumatisés par la seconde Intifada, ont élu Ariel Sharon pour ses promesses de sécurité et non pour entretenir la chimère d´un Grand Israël. Tout récemment encore, un sondage indiquait que 68pc des Israéliens étaient en faveur de la création d´un Etat palestinien si cela pouvait enfin amener la paix et la sécurité dans la région.

Mais à quoi bon finasser? Tout ce qu´Israël fait ou ne fait pas aggrave son cas et augmente `le poids de sa dette´ (3). Même la renaissance patente du sentiment judéophobe en Occident finit par se retourner contre cet Etat, puisque in fine, il en est l´instigateur. N´a-t-on pas là la plus belle illustration de ce qu´est un bouc émissaire?

Reconnaître le droit d´Israël de vivre dans les frontières d´avant 1967, pour ajouter aussitôt que ce droit doit s´accommoder du retour des réfugiés palestiniens, allant même plus loin que les exigences de l´Autorité Palestinienne, signifie, comme tant d´autres qui n´osent l´avouer ouvertement, la disparition d´un Etat à prédominance juive au profit d´une utopique démocratie multiculturelle et laïque avec une minorité juive. Bref, la cause est entendue: le minuscule Etat juif est de trop.

Plus que jamais, il est exigé des Juifs qu´ils fassent leur deuil d´un idéal incarné dans un territoire, ce rêve fou des pères du sionisme. Orphelins d´une terre, il ne leur restera plus qu´à se résigner à l´exil, la terre promise assignée à l´état d´éternelle promesse. Ainsi dispersé et minoritaire, le peuple juif remplirait au mieux sa fonction messianique, fécondant les cultures qu´il côtoie et forgeant des destins d´exception. Mais sur ce chapitre hélas, l´Histoire avec son cortège de persécutions a déjà rendu son verdict. Et c´est précisément pour cette raison que les sionistes ont tant souhaité que les Juifs deviennent enfin un peuple pareil aux autres, à l´égal des autres, ni pire ni meilleur qu´un autre. Veut-on leur ôter ce droit?

Est-ce dans ce but que l´on utilise les termes les plus outranciers: de massacre à génocide, en passant par fascisme, épuration ethnique ou racisme? Autant de mots qui visent à diaboliser Israël. Tandis qu´on auréole les Palestiniens et que leurs armes les plus monstrueuses telles les attentats-suicides `source d´un espoir infini de destruction, ressource d´une négation de toute possibilité démocratique´ suscitent une intolérable indulgence (4).

De même, n´ira-t-on pas jusqu´à qualifier de pacifistes ceux qui ont pris unilatéralement le parti d´Arafat? Comment s´accommoder du dévoiement du mot sionisme, mouvement d´émancipation nationale, si la plupart de ceux qui l´emploient en ignorent le sens?

Il est plus qu´urgent de sortir de l´ère de la vitupération et de chercher des voies de rapprochement entre les uns et les autres, de soutenir les Palestiniens modérés qui tels Sari Nusseibeh et Hanane Ashraoui ont récemment signé une pétition demandant l´arrêt des attentats-suicides contre les civils, bref, de nous aider tous à sortir du chaudron infernal qu´est devenue cette région. Et ce chaudron n´a nul besoin des énormes quantités d´huile que l´on ne cesse de verser à distance sur son feu.

(1) Sara Brajbart, Maurice Einhorn, Pascale Gruber, André Brombart, Michel Laub, Jacques Zajtman, Michel Gross, Joël Kotek, Doubi Ajami, Georges Hirsch...

Voir la liste des membres et le texte complet sur le site

http://www.lalibre.be
(2) Lire dans `La Libre Belgique´, `Deux lectures de l´histoire´, Francis Martens, article du 4/4/2002 et `La lutte contre l´antisémistisme et son dévoiement´ de six professeurs de l´UCL (12/6/2002) en ligne sur http://www.lalibre.be
(4) `Les temps modernes´, n° 618.

Défense du voile islamique: Francis Martens instrumentalise la Shoah (La Libre Belgique)

Pour défendre le port du voile islamique Francis Martens anthropologue et psychanalyste (Université catholique de Louvain) publie une tribune "Pas religieuse, la question du voile" dans La Libre Belgique dans laquelle il instrumentalise l'antisémitisme et la Shoah.

Le procédé est inexcusable. Sommes-nous surpris ? Non. Francis Mertens s'est déjà illustré en inventant le concept de "génocide des liens" dont les juifs se rendent, selon lui, coupables : "Pour ceux qui ont échappé à l'extermination (les survivants par rapport aux morts, les rescapés par rapport aux déportés), tout se passe comme si le nombre incalculable des "six millions" ne cessait de faire écran. Comme si le décompte de l'horreur pouvait dissimuler la profondeur de la blessure. Heureux sans doute, ceux qui ont pu passer par la maille du filet. Mais dans quel monde débouchent-ils, sinon dans celui du génocide des liens?" (LLB)

Tout aussi déplorable est le mépris avec lequel Mertens fustige "le citoyen garanti d’origine" qui ne supporterait pas que "l’étranger qui portait ses paquets [soit] devenu lui-même citoyen". Qui sont donc ces Belges ? M. Mertens ne le précise pas, ce que l'on sait c'est que peu de gens en Belgique méritent qu'on les traite ainsi. Contrairement à ce que M. Mertens semble croire, les Belges sont tolérants, tout en craignant les extrémistes. Ils ont le droit d'exprimer leurs craintes sans se voir traités de "citoyens garantis d'origine".

Extraits:

"C’est la version politiquement correcte du racisme ordinaire. L’immigrée qui rasait les murs a trouvé l’audace – en se voilant – de dévoiler sa propre altérité.

Ou s’agit-il du énième avatar de la peur sourde qui traverse nos sociétés en mal de repères ? De cette mauvaise conseillère qui excelle à s’accrocher à tout danger plus emblématique que réel, pour réclamer encore moins de risque, toujours plus de contrôle. [...]

Confrontée à des ébranlements de fond, comme la redéfinition de l’identité masculine, l’implantation de rituels venus d’ailleurs, notre culture tend à ressortir ses drapeaux. Le voile, comme un coup dans l’œil, peut surgir comme le retour de notre propre refoulé. D’autant plus que l’immigré, de spécialiste exotique et soumis des basses besognes, s’est transformé subrepticement en concurrent à part entière - voire même en beau-frère. Rien de tel pour nourrir la xénophobie. C’est précisément quand les juifs ont commencé à s’assimiler qu’il a fallu songer, crise aidant, à quelque solution définitive. [...]

L’emballement de la pulsion légiférante devrait nous inquiéter. En effet, si l’on veut s’imaginer l’antisémitisme diffus des années trente, il suffit de prendre conscience de la suspicion machinale pesant désormais sur tout musulman et, par extension, sur tout arabophone. L’équation populiste "arabe-islamiste-terroriste" n’est en fait que la partie émergée de l’iceberg. Plus profondément, le citoyen garanti d’origine commence à réaliser que l’étranger qui portait ses paquets est devenu lui-même citoyen, que l’immigrée qui rasait les murs a trouvé l’audace - en se voilant - de dévoiler sa propre altérité. Péril en la demeure ! Vite, sauvons les femmes !

La "question du voile" n’est sans doute aujourd’hui que la version politiquement correcte du racisme le plus ordinaire."
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Le texte de Francis Marten a suscité très peu de commentaires. Nous relevons celui-ci qui pointe très justement les amalgames auquel l'auteur s'est livré :

"J'ajouterais à l'amalgame qu'il dénonce, celui que commet l'auteur entre critique de l'islam (idéologie), critique des musulmans (individus qui partagent une religion), et haine des arabes/arabophones (sur base ethnique donc => racisme).

Que l'anthropologue/psychanalyste/abonné au gaz qui a péniblement pondu ce texte sache qu'au contraire de lui, certains font parfaitement la différence entre les 3.

In cauda venenum: sa dernière phrase, "stigmatisante" (pour utiliser l'un des poncifs à la mode de la novlangue du politiquement correct dans lequel notre auteur semble aimer patauger), témoigne me semble-t-il d'une vilaine tendance à juger les autres a priori, et vise ni plus ni moins à disqualifier d'avance et définitivement toute critique de l'islam.

Bien essayé, mais la critique des opinions n'est pas encore un délit en Occident - même si d'aucuns travaillent à ce que cela change."

Affiche antisémite nazie. Rien de tel en Belgique de nos jours. Que M. Martens le sache !

Baudouin Loos fait un rêve plaisant : le mur tombe et Ariel Sharon meurt

"Une rumeur se répand, qui fait frissonner les gens : ce matin, Ariel Sharon, qui avait ordonné la construction du mur en 2002, est décédé dans l’institution où il était maintenu en vie artificiellement depuis son attaque cérébrale de 2006. Il est midi. Le soleil est au zénith."

Baudouin Loos, l'un des journalistes du quotidien belge Le Soir spécialisés dans le conflit israélo-arabe se révèle être également un poète capable de créer une fiction. Le style angélique ne doit pas tromper. L'expertise de Baudouin Loos consiste à donner des mauvais points aux Israéliens - ce n'est pas de la géopolitique, ce n'est pas de l'analyse politique avec toute sa complexité. Non, c'est une question de saisir toute opportunité pour attribuer des mauvais points aux Israéliens, même s'il prend la précaution de toujours convoquer "un bon juif/israélien" qui critique vivement ses compatriotes emprisonnés "dans un ghetto de parano" , et il va de soi que des bons points sont octroyés aux Palestiniens. Avec le bon goût auquel Le Soir nous a habitués, Loos met en scène la mort d'Ariel Sharon. Même le soleil participe à l'ambiance festive - il est au zénith.

Extraits de la "fiction" :

"Nadia pleure doucement. Ses trois petits enfants, incrédules, s’accrochent à sa robe, hésitant entre enthousiasme et appréhension. Combien de personnes sont-elles arrivées aux abords du camp de réfugiés [selon la célèbre phrase de l'éditorialiste portugaise Helena Mota "chez les Palestiniens, le statut de réfugié est éternel et transmissible"*] d’Aïda, à Bethléem, en ce matin ensoleillé du 9 novembre 2013 ? [...]

"Je n’y crois pas, nous déclare Amr, épicier au camp et mari de Nadia. Que s’est-il passé pour que notre cauchemar paraisse soudain se terminer ? Comment les Israéliens ont-ils fini par reconnaître un État palestinien et admettre que ce mur de la honte devait disparaître ?" Pourtant, Amr sait la réponse. À 32 ans, il n’a connu que l’occupation, mais cet ancien activiste de la seconde intifada qui a passé trois ans dans les geôles israéliennes a bien suivi la chronologie récente. Ébahi mais ravi. [...]

Simon, jeune cadre dans la finance, vient d’arriver de Tel-Aviv, avec sa femme et ses deux filles. "Depuis le “oui” des Israéliens la semaine dernière au référendum, on s’attendait un peu à cette explosion pacifiste, ici à Jérusalem et dans les alentours. Je n’aurais voulu manquer cela pour rien au monde. Vous savez, ce mur hideux n’enfermait pas seulement les Palestiniens. Il emprisonnait les Israéliens dans un ghetto de parano sans doute compréhensible mais qui nous minait tous." [...]

Une rumeur se répand, qui fait frissonner les gens : ce matin, Ariel Sharon, qui avait ordonné la construction du mur en 2002, est décédé dans l’institution où il était maintenu en vie artificiellement depuis son attaque cérébrale de 2006. Il est midi. Le soleil est au zénith."
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* "Chez les Palestiniens, le statut de réfugié est éternel et transmissible : Que veut dire exactement l’expression "camp de réfugiés palestiniens à Gaza" ?

Elle veut dire qu’à Gaza, en territoire palestinien, il y a des Palestiniens qui ont quitté, il y a des décennies, des localités qui font aujourd’hui partie d’Israël (et également de la Jordanie et de l’Egypte, car une partie du territoire de l’Etat palestinien créé en 1948, en même temps que l'Etat d’Israël, fut refusée par les pays arabes, et finit par été intégrée dans ces deux pays). Ces Palestiniens gardent le statut de réfugiés dans des territoires palestiniens qu’ils administrent eux-mêmes.

Une situation équivalente qu’on peut concevoir aurait pu être celle des rapatriés portugais* s’ils avaient été confinés dans des camps et que certains d’entre eux avaient eu à l’époque des droits différents de ceux des habitants du reste de la métropole. De même qu’à l’heure actuelle leurs enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants et toute leur descendance étaient toujours considérés comme des réfugiés au Portugal et exigeaient le droit de retour aux localités qu’ils avaient fuies dans les années 70.

Le statut de réfugiés chroniques a condamné les Palestiniens à une exclusion qu’aucun pays démocratique n’accepte pour ses citoyens. C’est pour cette raison que les rapatriés [des colonies africaines portugaises] sont aujourd’hui simplement des Portugais comme les autres. Tout comme les milliers de Juifs qui, après la création de l’Etat d’Israël, ont dû fuir les pays arabes, comme le Maroc, l’Egypte, l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Algérie, la Tunisie et le Yémen, sont aujourd'hui tout simplement des Israéliens.
* En 1974, le Portugal, qui comptait 9 millions d'habitants, a accueilli 700.000 rapatriés ("retornados") de ses anciennes colonies, l’Angola, le Mozambique, etc."

Sources: Blasfémias et Philosémitisme pour la traduction

Pour rappel:
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Les 39 conflits majeurs dans le monde en 2008
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ONU: chez les Palestiniens le statut de réfugié est éternel et transmissible
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Barriers (liste de tous les murs d'"apartheid" dans le monde)

Le Soir raille "l’artillerie lourde des lobbies pro-israéliens"

"Ses fantassins sont israéliens. Mais l’artillerie lourde est aux mains des lobbies pro-israéliens de Washington."

Le quotidien belge Le Soir gratifiait le 6 novembre ses lecteurs d'un titre choc :

"Les lobbies en guerre contre le juge"
"Essentiel:
- Deux puissants lobbies pro-israéliens se déchaînent contre le rapport Goldstone accusant Israël et le Hamas de crimes de guerre.
- Rapport que les parlementaires n'avaient pas lu ..."

Le même article a été publié par Le Temps suisse, sous le titre "Rapport Goldstone: la guerre des lobbies fait rage".

C'est l'espagnol Luis Lema, correspondant du quotidien à New York, lui-même auteur (ça ne s'invente pas !) d'un livre sur ... l'intifada "Couvrir Le Désastre - Un Regard Sur L'intifada". Encore un livre qui ne fera pas date mais qui ira rejoindre la cohorte d'autres écrits par des Européens sur le même sujet inépuisable.

Inutile de dire que Luis Lema, tout comme son confère du Soir Baudouin Loos, trouve le rapport Goldstone admirable.

Dans l'article, Lema raille les fieffés coquins de l'ADL, en particulier Abraham Foxman :

"Le chef de l’ADL ne peut se résoudre à croire que Goldstone soit "un juif honteux": il n’a pu qu’être aveuglé par une "dangereuse naïveté". Abraham Foxman lui demande donc de répudier le rapport qui porte son nom. "Pensez-y!", conseille-t-il en achevant sa missive aux allures de menace d’excommunion."

Loin de cette caricature simplificatrice, les lecteurs de ce site pourront juger par eux-mêmes le contenu de la lettre de M. Foxman "ADL's Foxman To Richard Goldstone: Repudiate The Report". Un écrit en tout point remarquable et digne, dans lequel il n'est nullement question de "juif honteux" ni de "menace d'excommunion".

Vient ensuite le tour du redoutable LOBBY, l'AIPAC.

"Le simple fait [pour les membres du Congrès] de ne pas déplaire à ce puissant lobby a sans doute été déterminant" qui "dans un vote soviétique, le Congrès américain a passé par 344 voix contre 36 une résolution "non contraignante" dénonçant le caractère "irrémédiablement biaisé" du rapport et appelant les Etats-Unis et la communauté internationale à ne lui donner aucune suite. Un porte-parole de l’AIPAC "applaudit" cette décision en précisant qu’elle est "le fruit de la pure volonté des membres du Congrès", alors que Lema laisse entendre que c'est le fruit des menées de l'AIPAC...

Lema n'épargne pas les membres du Congrès dont il fait un portrait peu flatteur :

"Les parlementaires américains n’avaient pas lu ce rapport de 575 pages. Ils ont dû le reconnaître à mots couverts après que le juge Goldstone leur a demandé de clarifier leurs affirmations selon lesquelles les crimes supposés du Hamas n’y étaient pas mentionnés. Le simple fait de ne pas déplaire à ce puissant lobby à sans doute été déterminant."

Mais tout n'est pas sombre. Le journaliste a trouvé quelques bons juifs. De vrais "experts" comme un certain Henry Siegman, apprécié car il "ne mâche pas ses mots", et qui déclaré que "la réaction d'Israël aux efforts de paix n'est rien moins que pathologique". [Le passage sur Siegman - qui vient s'ajouter à tout le reste - n'a heureusement pas été repris par Le Temps.]

Pour couronner le tout, il y a bien entendu l'admirable J Street, un lobby comme il faut car il s'est "donné pour tâche de servir de contrepoids à ces géants".

Que les Américains aiment sincèrement Israël et comprennent les dangers liés au terrorisme auxquels ce démocratique pays fait face semble être incompréhensible pour le journaliste. Lire à ce sujet l'essai érudit de Walter Russell Meade "The New Israel and the Old, Why Gentile Americans Back the Jewish State", Foreign Affairs, juin/août 2008.

Voir également (hier) dans La Libre Belgique :
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Bichara Khader: la Turquie "fait grincer les dents d’Israël"

Bichara Khader: la Turquie "fait grincer les dents d’Israël"

"L’opinion turque, elle-même, est heurtée par la poursuite de la colonisation israélienne et surtout la judaïsation rampante de Jérusalem. L’offensive israélienne à Gaza, fin décembre 2008 - janvier 2009, fait déborder le vase."

Bichara Khader, Professeur à l'Université Catholique de Louvain, auteur de plusieurs articles anti-israéliens parus dans La Libre Belgique et pour qui "Israël pratique la forme du terrorisme la plus abjecte", vient de publier dans le même quotidien un article consacré à la Turquie qualifié de "nouveau Tigre du Moyen-Orient".

Bien sûr, Israël n'est pas épargné et la position anti-israélienne que vient d'adopter le régime islamiste modéré turc lui plaît - beaucoup même. Voici quelques extraits.

Pour les Arabes: "La signature d’un accord stratégique avec Israël en 1996 a été "la brindille qui a brisé le dos du chameau", comme dit un proverbe arabe."

"Pour ce qui est des rapports avec Israël, on assiste, en revanche, à un refroidissement. [...] la Turquie est de plus en plus courroucée par le comportement d’Israël dans les territoires palestiniens. L’opinion turque, elle-même, est heurtée par la poursuite de la colonisation israélienne et surtout la judaïsation rampante de Jérusalem. L’offensive israélienne à Gaza, fin décembre 2008 - janvier 2009, fait déborder le vase. On comprend dès lors les mots très durs utilisés par Erdogan pour condamner l’offensive israélienne. L’incident qui l’oppose à Shimon Peres à Davos, le 29 janvier 2009, en dit long sur l’état des relations entre les deux pays. L’annulation de la participation d’Israël à l’exercice militaire aérien appelé "Aigle Anatolien" , du 22 au 23 octobre 2009, peut être lue à la lumière de tout ce qui précède."

"L’ouverture raisonnée et équilibrée de la Turquie à son environnement régional fait grincer les dents d’Israël qui craint l’activisme diplomatique turc [...]."

Et de conclure, approbateur :

"A l’évidence, la Turquie devient le nouveau Tigre du Moyen-Orient. C’est une bonne nouvelle pour les Turcs, une aubaine pour le Moyen-Orient et une source d’inspiration pour les Arabes."
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Dans La Libre Belgique du 6 novembre, il y a pas moins de cinq articles consacrés à Israël (les pages 14 et 15 lui sont entièrement consacrées). On y lit en guise de titre la phrase suivante :

"La phrase: "Nous ne voulons pas d'assassins d'enfants ! Israël, hors de notre université ! Des étudiants turcs"

- Belgique: les bien chers frères Khader et la guerre occulte contre Israël
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Bichara Khader et la "dé-existence" palestinienne

PS belge (francophone): propos inquiétants d'Anne-Sylvie Mouzon sur le sionisme

"Il y a un judaïsme extrême qui autorise cette forme de colonialisme qu'on appelle le sionisme."

Les amalgames inacceptables d'Anne-Sylvie Mouzon
Communiqué de presse · 3 novembre 2009

"Le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) dénonce les propos tenus par la députée bruxelloise Anne-Sylvie Mouzon (PS) sur l’antenne de Télé Bruxelles en marge du débat du 27 octobre 2009 consacré au livre "Lettre aux progressistes qui flirtent avec l’islam réac" coécrit par Claude Demelenne et Alain Destexhe.

En déclarant: "(...) il y a un judaïsme extrême qui autorise cette forme de colonialisme qu'on appelle le sionisme (...)", Anne-Sylvie Mouzon contribue à libérer un peu plus la parole publique qui légitime des amalgames inacceptables.

Le CCOJB s'inquiète en effet des conséquences d'un discours qui dit du sionisme qu'il est le fruit d'un "judaïsme extrême" et qui, de ce fait, stigmatise la très large majorité des Juifs, notamment de notre pays, attachée à l’existence de l’Etat d’Israël et à sa pérennité sans nullement se reconnaître dans l’équation "judaïsme extrême – colonialisme – sionisme" établie par Anne-Sylvie Mouzon.

Le CCOJB sollicitera un entretien avec les instances dirigeantes du Parti Socialiste pour leur faire part de sa préoccupation devant la multiplication des déclarations inquiétantes de certains de ses élus [voir ci-dessous]."
» voir la vidéo sur le site de Télé Bruxelles (à partir de 15'22")
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- L’inquiétude des juifs belges
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PS bruxellois: boycott d'Israël comme argument de campagne électorale
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A Bruxelles il y a 6 mois: nazification d'Israël et déferlement antisémite dans les rues
- Inacceptable dérapage du leader socialiste belge Philippe Moureaux
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Le Parlement bruxellois va-t-il continuer à boycotter Israël ?
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Belgique: Elio Di Rupo sur le maintien du boycott scientifique et culturel d'Israël par Bruxelles et la Wallonie
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Elio Di Rupo: des milliers d'enfants et des milliers de femmes tués par Israël à Gaza
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Parti socialiste belge: traîner le gouvernement israélien devant les tribunaux internationaux
- Belgique: lancement d'un prétendu Tribunal Russell sur la Palestine en mars (par Pierre Galand)
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Elio Di Rupo importe le conflit du Proche-Orient dans nos rues
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Après leur visite à Yad Vashem deux enseignants belges dénigrent Israël
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Citation de Véronique de Keyser
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Au Parlement de la Communauté française de Belgique: Israël est le pays qui viole le plus le droit international et les droits de l’homme (Véronique Jamoulle)

Démocratie vs Terrorisme ?, Benjamin Moriamé

Source: texte repris du blog de Ben Heine et Free Palestine

Il est très à la mode de défendre, comme le font de brillants géopoliticiens depuis deux semaines, le peuple palestinien. Mais cela ne peut s'improviser. Car, s'il y a lieu de le faire, il faut le faire pour de bonnes raisons. Et non pour être dans la mouvance bien-pensante. C'est pourquoi il faut se méfier de ceux qui, soudainement et probablement en raison de l'ampleur des crimes israéliens récents, se mettent à défendre le peuple palestinien. Malgré leurs bons sentiments, leurs propos reposent souvent malgré tout sur l'idée commune qu'Israël serait un État démocratique – bien qu'il ne respecte pas le droit international – opposé à des forces non démocratiques, voire terroristes. Ce préjugé occidental mérite d'être largement nuancé.

Parce que ses institutions ressemblent aux nôtres, on ne peut conclure qu'Israël est une démocratie ! L'organisation d'élections ne peut pas non plus suffire à décerner un label démocratique. Tout État doit faire la preuve chaque jour de son statut démocratique. Considérer ce statut comme définitif est dangereux. Alors, quels critères pourrions-nous faire nôtres pour déterminer ce qui définit la démocratie, en Israël, en Palestine et ailleurs ?

Le respect du droit international ? Israël ne respecte plus les résolutions de l'ONU depuis au moins 42 ans, date à laquelle il lui a été pour la première fois demandé de mettre fin à l'occupation et à la colonisation illégales de la Palestine. L'expansionnisme a caractérisé à tout moment la politique étrangère d'Israël depuis sa création unilatérale en 48. Ce qui n'a cessé de miner la vie des Palestiniens. Presque tous les aspects du droit international et, plus particulièrement, le droit de la guerre s'en sont trouvés bafoués (lire l'avis de la Cour internationale de Justice du 9 juillet 2004). Un summum, souvent passé sous silence, est l'accession illégale et clandestine d'Israël, dès les années cinquante, à l'armement nucléaire, avec l'aide de la France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis, notamment. Comment s'étonner que l'Iran souhaite à son tour contourner le Traité de non prolifération nucléaire ?

Essayons un autre critère. La place de l'extrême droite ? En Israël, l'extrême droite, belliqueuse et raciste (de l'avis même des élus traditionnels, à gauche comme à droite), a fait partie du gouvernement Olmert comme du gouvernement Sharon qui le précédait. Lors des accessions du parti fasciste du farouchement anti-arabe Avigdor Lieberman au sein des coalitions gouvernementales, personne ou presque en Europe ne s'est indigné. L'Union européenne a pourtant un réel pouvoir sur Israël, puisqu'elle demeure en tête de ses partenaires commerciaux. Passons.

Le respect des minorités ? La discrimination subie par la minorité arabe d'Israël (18% de la population totale) atteint actuellement un paroxysme, puisque les deux partis politiques qui les représentent le mieux viennent d'être interdits d'élections pour le round électoral qui se tiendra début février. Les discriminations « légales » donnent le « la » aux discriminations latentes et quotidiennes (lire le dernier rapport de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme). Ainsi, nombre d'allocations sociales ne sont pas accessibles aux arabes, dont les villages ne font pas l'objet du même développement que les villages à majorité juive. L'accès au logement n'est pas le moindre des problèmes, puisque des organisations juives sionistes contrôlent 93% des terres israéliennes. Pour les arabes israéliens, l'inégalité est déjà inscrite dans la constitution, qui fait d'Israël un « État juif ».

La liberté ? Les plus grandes ONG internationales, dont la très discrète « Croix rouge », attestent de l'usage régulier, voire coutumier, de la torture dans les prisons israéliennes. Les mineurs n'y échappent pas. Les arrestations et détentions arbitraires, de longue durée parfois, sont légions et semblent avoir pour vocation de faire fuir les arabes (de Jérusalem notamment). De nombreux procès, généralement perdus faute de preuves, font état d'aveux signés sous la torture. Des aveux régulièrement rédigés en hébreu.

A contrario, face au démocratique et quasi-occidental État israélien, on trouverait une organisation terroriste : le Hamas. Hier, c'était le Fatah qui était irrémédiablement étiqueté « terroriste ». À propos, quelle définition a-t-on donné au « terrorisme » ? Si le Hamas devait être considéré comme une organisation terroriste, pourquoi les Occidentaux ont-ils envoyés leurs observateurs aux élections de 2006, afin d'attester leur parfaite transparence ?

Non, le Hamas n'est pas démocratique. Là non plus, des élections libres ne peuvent suffire à nous contenter. Le Hamas, même s'il fait beaucoup moins de victimes, vise des cibles civiles, au même titre qu'Israël. En revanche, reprocher au Hamas d'avoir pris le pouvoir contre le Fatah à Gaza révèle une relative ignorance de la situation. Dans un contexte conflictuel, c'est probablement le Fatah qui fomentait un putsch. Même les Gazaouis opposés au Hamas reconnaissent que celui-ci a permis une très nette diminution de la criminalité interne à leur territoire.

Quant aux roquettes artisanales, largement dépourvues de puissance et de précision, destinées notamment à contester le blocus illégal maintenu, avec plus ou moins de sévérité, par Israël depuis son « retrait » de la bande de Gaza en 2005, elles ont fait une douzaine de morts en trois ans. Si le droit international à l'autodéfense pouvait être invoqué ici – ce qui n'est pas le cas – il devrait de toute façon se conformer au principe de proportionnalité qui l'accompagne légalement, ainsi qu'à toutes les autres dispositions du droit de la guerre traditionnellement bafouées par Israël.

Le Hamas a aussi le défaut d'être soutenu par des États peu fréquentables : la Syrie et l'Iran. Mais les interlocuteurs dictatoriaux de l'Occident, c'est-à-dire la Jordanie, l'Égypte ou l'Arabie saoudite par exemples, sont-ils davantage fréquentables ? Il va de soi que le Hamas est un ennemi d'Israël. Cela tombe bien : ce n'est pas entre amis, mais entre ennemis, que toute opportunité de paix se conclut. Nier que l'opportunité existe, c'est balayer d'un revers de la main la paix elle-même. Le Hamas a fait savoir à plusieurs reprises qu'il était prêt, à l'issue d'un dialogue, à reconnaître une frontière proche de la ligne verte (ligne de partage reconnue par l'ONU), sans obliger l'État hébreu à démanteler toutes les grandes colonies illégales qui continuent de se développer en Palestine. Mais Israël préfère se fermer au dialogue et dire, comme il le faisait à l'époque à l'égard du Fatah, qu' « il n'y a pas d'interlocuteur », usant aussi du prétexte que le Hamas refuse de reconnaître l'État d'Israël. Pour le Hamas, cette reconnaissance « de jure » semble devoir rester un atout dans son jeu, qu'il conditionnera probablement un jour à la reconnaissance complète d'un État de Palestine (lire « Le Hamas et la reconnaissance d'Israël », par Paul Delmotte, in Le monde diplomatique, janvier 2007).

Dans les conflits internationaux, rares sont les cas de réconciliation qui n'ont pas mis autour de la table des responsables de crimes de guerre. La politique « réaliste », pragmatique, l'a souvent emporté sur la lutte contre l'impunité. La création de l'État d'Israël repose elle-même sur l'incorporation au gouvernement de criminels du Stern ou de l'Irgoun, milices juives connues pour avoir déposé des bombes sur des marchés arabes.

Évidemment la lecture « démocratie contre terrorisme » est avantageuse pour Israël. Actuellement, elle lui permet d'exclure tout dialogue. Une aubaine pour un État qui semble avant tout considérer qu'il peut obtenir beaucoup plus par la guerre que par la paix. Face à un pays sans État ni armée, l'hyper-puissance israélienne continue d'avoir le champ libre. Puisqu'elle est des nôtres, de notre cercle démocrate.